Laurent Turcot demeure en ondes

Depuis quelques années, Laurent Turcot est devenu un visage familier au Québec en apparaissant sur plusieurs tribunes où il est appelé à vulgariser différents événements historiques.
Radio-Canada Depuis quelques années, Laurent Turcot est devenu un visage familier au Québec en apparaissant sur plusieurs tribunes où il est appelé à vulgariser différents événements historiques.

Radio-Canada n’a pas l’intention de retirer de ses ondes Laurent Turcot, même si ce dernier a fait l’objet d’une nouvelle enquête pour plagiat. Quant à son éditeur, il défend vigoureusement la rigueur de l’historien vedette.

Le Journal de Montréal a révélé mercredi que l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), où enseigne Laurent Turcot, a récemment conduit une enquête pour près de 120 cas de plagiat allégués dans ses différentes oeuvres. L’Université lui avait déjà reproché, à l’automne 2021, d’avoir repris presque mot pour mot des passages d’autres livres, sans citer leur provenance, dans son ouvrage Sports et loisirs. Une histoire des origines à nos jours, publié en 2016. 

Malgré tout, Radio-Canada maintient « pour le moment » sa collaboration avec l’historien, qui anime notamment le balado Fan d’histoire sur la plateforme OHdio, en plus d’être invité régulièrement à la télévision et à la radio. Il est aussi à la barre depuis décembre d’une nouvelle émission sur la chaîne Explora, La folle histoire de la médecine, dont les tournages sont terminés depuis l’automne.

Erreur de bonne foi

Depuis quelques années, Laurent Turcot est devenu un visage familier au Québec en apparaissant sur plusieurs tribunes où il est appelé à vulgariser différents événements historiques. Il a également sa propre chaîne YouTube, L’Histoire nous le dira, qui cumule plus de 400 000 abonnés.

Dans un bref échange avec Le Devoir, l’historien a tenu à défendre sa réputation à la suite de l’article du Journal de Montréal, niant catégoriquement avoir volontairement repris à mauvais escient des passages provenant d’ailleurs dans la littérature.

À notre sens, le livre a toujours une grande valeur et est irréprochable sur le plan de la méthodologie

 

« Même en accomplissant un travail rigoureux, personne n’est à l’abri d’une erreur ou d’une omission de bonne foi. En tant qu’auteur, j’ai le plus grand respect pour mes sources. Pour faciliter la lecture de certains de mes livres de vulgarisation historique, mon éditeur et moi avons fait le choix de limiter l’usage des guillemets, qui peuvent rendre la lecture ardue », a-t-il réitéré.

Au printemps dernier, lorsqu’il avait été épinglé une première fois pour plagiat par l’UQTR, il avait fourni des explications semblables. Laurent Turcot avait indiqué que son éditeur de l’époque, Gallimard, lui avait demandé d’épurer le livre, ce qui expliquerait pourquoi certaines références étaient manquantes. Si l’UQTR avait conclu qu’il s’agissait de plagiat, Laurent Turcot n’avait pas pour autant été sanctionné.

Qui a inspiré qui ?

Or, cette fois-ci, les cas de plagiat allégués ne se limitent pas à un seul ouvrage. Il est question de plusieurs de ses livres, notamment de L’Histoire nous le dira, paru en avril et inspiré des vidéos de sa chaîne YouTube du même nom. Certains passages semblent tout droit tirés de sites Web, comme ceux de l’Encyclopédie canadienne ou Universalis, sans que cela soit indiqué.

L’éditeur du dernier livre de l’historien, Hurtubise, a pris sa défense en rappelant que les sources sur ces sites ne sont souvent pas mentionnées non plus. « Le livre est lui-même tiré de ses notes de cours et de ses capsules. Il n’y a rien qui dit que ce ne sont pas ces sites qui se sont inspirés des capsules YouTube de L’Histoire nous le dira. […] À notre sens, le livre a toujours une grande valeur et est irréprochable sur le plan de la méthodologie », a soutenu Arnaud Foulon, le vice-président d’Hurtubise.

L’UQTR n’a pas voulu commenter la nouvelle enquête, mais Le Journal de Montréal rapporte que celle-ci aurait pris fin cet automne. Impossible de savoir, par contre, si Laurent Turcot a été sanctionné cette fois. « La direction poursuit son travail dans ce dossier », a simplement déclaré l’Université.

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