Facebook réitère sa menace de retirer les nouvelles

Meta a usé de la même stratégie en Australie à la suite de l’adoption d’un projet de loi semblable.
Olivier Douliery Agence France-Presse Meta a usé de la même stratégie en Australie à la suite de l’adoption d’un projet de loi semblable.

Immédiatement après l’adoption par la Chambre des communes de la Loi sur les nouvelles en ligne, mercredi après-midi, Meta a réitéré sa menace de retirer les nouvelles de Facebook au Canada. Dans une déclaration écrite transmise par une firme de relations publiques, la responsable des politiques publiques au Canada de Meta, Rachel Curran, écrit que l’entreprise veut éviter de se « soumettre à des négociations imposées par le gouvernement qui ne tiennent pas suffisamment compte de la valeur que nous offrons aux éditeurs ». La loi, plaide-t-elle, « profiterait principalement aux diffuseurs — et non aux journaux locaux et régionaux ».

La pièce législative proposée par les libéraux de Justin Trudeau vise à forcer les plateformes numériques, principalement Google et Facebook, à conclure des ententes d’indemnisation équitables avec les entreprises de presse pour le partage de leurs contenus journalistiques.

Alors que le projet de loi cheminera vers la Chambre haute, l’entreprise souhaite maintenant faire pression sur les sénateurs. « Nous exhortons le Sénat à examiner sérieusement les implications d’un projet de loi qui aura une incidence sur la façon dont les informations sont partagées en ligne et nuira aux organes de presse locaux novateurs », aurait déclaré Mme Curran.

Les libéraux, les bloquistes et les néodémocrates se sont prononcés en faveur du projet de loi et les conservateurs s’y sont opposés. Ainsi, selon les résultats non officiels, 213 députés ont voté pour et 114 contre.

Sur Twitter, le ministre du Patrimoine canadien et parrain du projet de loi, Pablo Rodriguez, a salué l’adoption d’un projet de loi « important pour assurer que nous ayons une presse forte, indépendante et durable au Canada ».

M. Rodriguez n’avait pas commenté les menaces de Meta au moment d’écrire ces lignes, mais lors du précédent épisode, il avait affirmé que « la menace, ça ne me fait pas trembler ben ben ». Il n’avait pas manqué de souligner que le géant du Web a fait une menace semblable à l’Australie et qu’« en bout de ligne, ils sont restés ».

Lors d’une comparution cet automne devant le comté du patrimoine de la Chambre des communes, le directeur des politiques mondiales de Meta, Kevin Chan, avait soutenu que les liens publiés sur Facebook redirigeant vers du contenu médiatique génèrent 1,9 milliard de clics par année, ce qui serait l’équivalent de 230 millions $.

Or, Meta a usé de la même stratégie en Australie à la suite de l’adoption d’un projet de loi semblable. L’entreprise a d’abord retiré le contenu de nouvelles de sa plateforme, puis, quelques jours plus tard, a fini par faire marche arrière et à conclure d’importantes ententes avec des entreprises de presse.

Plusieurs entreprises de presse ont déjà conclu des ententes individuelles, demeurées confidentielles, avec Meta et Google. La Presse canadienne et Meta ont lancé en 2020 un programme visant à fournir une dizaine de bourses par année à de jeunes journalistes en début de carrière.

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