Le 84ᵉ prix Albert Londres décerné à la franco-canadienne Margaux Benn

Après quatre années en Afghanistan, Margaux Benn, également récompensée l’an dernier par le Prix Bayeux des correspondants de guerre en radio, couvre depuis mars la guerre en Ukraine pour «Le Figaro».
Sameer Al-Doumy Archives Agence France-Presse Après quatre années en Afghanistan, Margaux Benn, également récompensée l’an dernier par le Prix Bayeux des correspondants de guerre en radio, couvre depuis mars la guerre en Ukraine pour «Le Figaro».

Le 84e prix Albert Londres, le plus prestigieux du journalisme francophone, a été remis lundi à Riga à la journaliste franco-canadienne Margaux Benn pour ses reportages sur la guerre en Ukraine publiés dans le quotidien Le Figaro.

À l’occasion du 90e anniversaire de la mort d’Albert Londres, le jury a délibéré dans la capitale lettone, « souhaitant rendre hommage à tous les journalistes qui oeuvrent pour rendre compte de la guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine ».

La « plume singulière » de Margaux Benn, grand reporter au service « Étranger » du Figaro, déjà présélectionnée à deux reprises, a été récompensée cette année.

Le jury « salue aujourd’hui son style, son écriture enviable, une tendresse dans le regard posé sur ceux qui sont au front, des angles inattendus et un renouvellement permanent de son art du récit », déclare-t-il dans un communiqué.

Passée entre autres par l’Agence France-Presse, le New York Times, France 24 ou la BBC, la journaliste de 34 ans est aguerrie aux zones de conflits, comme au Soudan où elle a commencé sa carrière journalistique il y a plus de dix ans.

Après quatre années en Afghanistan, la reporter, également récompensée l’an dernier par le Prix Bayeux des correspondants de guerre en radio, couvre depuis mars la guerre en Ukraine pour Le Figaro.

Prix pour des travaux sur la Russie et les maisons de retraite

 

Le 38e Prix de l’audiovisuel est revenu à Alexandra Jousset et Ksenia Bolchakova pour le documentaire de 80 minutes Wagner, l’armée de l’ombre de Poutine, produit par CAPA avec France Télévisions.

Elles ont été les « premières à documenter les actions de cette armée » — constituée de mercenaires financés par un proche de Poutine — par « une enquête fouillée et implacable » qui a contribué « à nous faire comprendre les enjeux de la géopolitique du Kremlin », salue le jury.

Le 6e Prix du livre a été attribué à Victor Castanet pour Les fossoyeurs, le livre-enquête qui a fait imploser Orpea, mastodonte du secteur des maisons de retraite privées, en dénonçant la maltraitance des résidents, les manquements dans la gestion du personnel et un usage abusif des fonds publics.

Un Prix d’honneur a aussi été décerné à Andriy Tsaplienko et Sevğil Musaieva, deux journalistes deUkrainska Pravda, « afin, à travers eux, de témoigner aux journalistes ukrainiens une solidarité sans faille pour le travail effectué sur la guerre » dans le pays.

Créé en 1933 en hommage au journaliste français Albert Londres (1884-1932), père du grand reportage moderne, le prix est doté de 3000 euros (presque 4200 dollars canadiens) pour chacun des lauréats, qui doivent avoir moins de 41 ans.

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