L’info quotidienne reprend voix à CIBL

David Fillion, animateur de la nouvelle matinale de CIBL, en compagnie de la réalisatrice de l’émission, Caroline Larouche, dans un studio de la radio communautaire
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir David Fillion, animateur de la nouvelle matinale de CIBL, en compagnie de la réalisatrice de l’émission, Caroline Larouche, dans un studio de la radio communautaire

Quatre ans après la mise à pied de tous ses employés en raison d’une crise financière, la radio montréalaise communautaire CIBL relance lundi prochain un rendez-vous quotidien d’information, baptisé Les aurores Montréal.

Cette nouvelle émission sera diffusée les matins du lundi au jeudi sur les ondes du 101,5 FM, et une rediffusion des meilleurs moments sera programmée chaque vendredi à 13 h.

À l’animation, les Montréalais découvriront la voix de David Fillion, qui était jusqu’à récemment journaliste au quotidien La Voix de l’Est. Depuis une semaine, il s’attelle à bâtir l’émission avec l’aide de la réalisatrice Caroline Larouche.

Le duo le souligne d’emblée : pas question de faire un copié-collé de l’émission Les oranges pressées, l’ancienne matinale de CIBL, qui a été diffusée pendant plus de 35 ans avant de quitter les ondes en 2018.

Déjà, Les aurores Montréal ne durera qu’une heure, sa plage horaire étant de 9 h à 10 h. Il ne s’agira donc pas d’une matinale à proprement parler. « On arrive en plein novembre, il y a déjà des équipes ailleurs qui font de l’excellent travail dans le créneau de 6 h à 9 h. On voulait plutôt proposer une nouvelle option à 9 h, où l’on tombe généralement dans des émissions de variétés dans les autres radios », explique David Fillion.

« On a cette liberté de partir de zéro, d’avoir carte blanche. Alors, on veut expérimenter et explorer différentes avenues », renchérit Caroline Larouche.

Chaque émission aura sa revue de l’actualité et accueillera différents chroniqueurs d’une journée à l’autre. L’auteur-compositeur-interprète Philémon Cimon proposera une chronique culturelle ; le journaliste indépendant Francis Hébert-Bernier analysera la vie politique ; Martin Blanchard, du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec, parlera de logement.

D’autres chroniqueurs sont encore à confirmer, mais il y aura assurément une rubrique sur l’environnement, ainsi qu’une autre sur la recherche et la science. Deux humoristes de l’École nationale de l’humour doivent aussi se joindre à l’équipe de collaborateurs pour parler de décroissance personnelle et offrir un segment d’actualité satirique.

L’angle local

Afin de respecter l’identité de CIBL — soit d’être une radio communautaire montréalaise — et de se démarquer des autres stations, l’émission quotidienne sera consacrée aux informations locales souvent passées sous le radar.

Ce sera aussi l’occasion de parler de territoires précis de la métropole en rassemblant ceux qui partagent une même réalité ou des enjeux communs. « Ce qui m’allume, c’est qu’on va pouvoir créer une proximité avec les différentes communautés de Montréal. On veut aussi donner la parole à des gens qu’on entend moins souvent, des gens du milieu communautaire, des gens du terrain qui sont en première ligne », souligne David Fillion.

Bien sûr, rien n’est coulé dans le béton, et le duo se donne le droit de bonifier l’offre au fil des prochaines semaines.

La lumière au bout du tunnel

« On avait hâte d’avoir les moyens de ramener une émission quotidienne. L’actualité a toujours été importante chez CIBL », lance de son côté la directrice intérimaire de la station, Jeanne Doré, ravie de voir la chaîne remonter la pente.

Rappelons que la radio installée au « 2-22 », rue Sainte-Catherine a vécu des moments difficiles dans les dernières années. Avec des coffres à sec et une dette de plus de 100 000 $ envers le syndicat de copropriétaires du 2-22, elle avait mis à pied ses 13 employés en janvier 2018.

Pendant plusieurs mois, les ondes du 101,5 FM avaient été privées de toute présence humaine et étaient presque uniquement musicales. Tranquillement, des émissions ont été remises au programme à la fin de 2018 et en 2021. Profitant d’un surplus annuel d’environ 225 000 $, la station a depuis repris les embauches.

« En ce moment, on a trois employés, et un quatrième poste est à pourvoir. On a également réussi à avoir un peu de financement pour ce projet spécial de quotidienne d’information pour embaucher deux personnes pour l’année », confie Mme Doré, qui espère garder Les aurores Montréal en ondes le plus longtemps possible.

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