La série Félix Leclerc - Le réalisateur Claude Fournier envisage d'intenter des poursuites

Très secoué par les attaques publiques du directeur de la programmation de Radio-Canada, Mario Clément, le réalisateur Claude Fournier étudie maintenant «toutes les possibilités» de réagir, y compris celle d'intenter des poursuites.

«Il s'agit d'une attitude très destructrice de la part de Radio-Canada, a déclaré Claude Fournier, d'une attaque malicieuse, exceptionnelle et inusitée. Que quelqu'un en charge de la programmation d'un réseau démolisse ainsi une émission de son propre réseau, c'est d'une irresponsabilité difficile à comprendre.»

Le réalisateur de la série Félix Leclerc réagissait ainsi aux déclarations publiques de Mario Clément, qui a déclaré mercredi que Félix Leclerc est «une des plus mauvaises séries» qu'il ait «vues à la télévision».

Claude Fournier considère que sa «carrière est en cause». Mario Clément a-t-il «tué» la série? «C'est certain que ce sera difficile [à remonter]», a-t-il répondu.

Claude Fournier réfute le principal argument de la direction de Radio-Canada, à savoir que la télévision publique avait fait plusieurs commentaires au réalisateur et à la productrice Marie-Josée Raymond tout au long de la production, sans que ces derniers en tiennent compte.

«Ils disent qu'ils nous ont donné des commentaires et des directives, mais ces directives n'ont jamais été consignées nulle part. On ne nous a jamais fait de commentaires écrits. Si rien n'est écrit, c'est facile de dire ensuite qu'on nous a demandé telle chose et que rien n'a été fait.»

En janvier 2003, Claude Fournier avait constaté qu'il était impossible de poursuivre le projet si on ne disposait pas de plus d'argent. À la demande des producteurs, Radio-Canada avait alors allongé une somme supplémentaire de 100 000 $ alors que le partenaire français France 3 avait ajouté 200 000 euros. La décision avait été prise par Daniel Gourd, l'ancien directeur des programmes, devenu vice-président à la télévision française. «Ils auraient pu nous demander d'arrêter le projet à ce moment-là», a dit Claude Fournier.

Claude Fournier déclare n'avoir jamais parlé à Mario Clément de toute sa vie, même s'il lui avait envoyé des courriels pour discuter des meilleures façons de lancer la série et d'en soutenir la promotion. Bref, c'est une saga loin d'être terminée.

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La série Félix Leclerc cristallise de plus en plus certains maux du système télévisuel. Ainsi, la Fédération nationale des communications (FNC-CSN) a qualifié toute cette saga hier de «belle illustration de l'absurdité du système de financement de la production télévisuelle».

La FNC trouve «particulièrement odieux» que Radio-Canada, afin de réduire les coûts des émissions, soit obligée de traiter avec des producteurs externes «grassement financés par les fonds publics». C'est une situation «intenable», a déclaré la présidente de la FNC, Chantale Larouche, au moment où Radio-Canada décide aussi de supprimer des postes en information.

La FNC demande une révision des règles pour que le financement public n'accorde pas au secteur privé «des privilèges» qui empêchent les télédiffuseurs publics d'exercer un véritable contrôle de leur programmation. La FNC plaide pour que la création télévisuelle revienne à l'intérieur des murs des télédiffuseurs.
1 commentaire
  • Claude L'Heureux - Abonné 4 mars 2005 16 h 23

    Navets historiques

    Je crois qu'il faudrait une enquête sur cette suite de navets historiques, Nouvelle France et Félix. Il faut dire que la France en a connu un aussi avec son dernier Napoléon. Comme monsieur Fournier le laisse entendre, ça prend beaucoup d'argent pour s'attaquer à des films historiques, de l'argent pour la recherche et l'écriture de même que de bons acteurs. Je ne suis pas sur que le Canada y soit intéressé autant qu'aux commandites... Qu'a fait Téléfilm Canada dans tout cette histoire? PPP historique? Pourtant nous avons eu un superbe Chartrand de même que Duplessis.