Pascale Nadeau poursuit Radio-Canada pour 350 000 $

Mme Nadeau avait quitté Radio-Canada, où elle a travaillé pendant 38 ans, dans des circonstances difficiles à l’été 2021.
Photo: Radio-Canada Mme Nadeau avait quitté Radio-Canada, où elle a travaillé pendant 38 ans, dans des circonstances difficiles à l’été 2021.

Pascale Nadeau poursuit son ancien employeur, Radio-Canada, pour la somme de 350 000 $ pour atteinte à sa réputation.

Le Devoir a pu consulter la procédure déposée à la Cour supérieure par les avocates de Mme Nadeau. Ce document confirme que l’ex-journaliste demande 250 000 $ à Radio-Canada en « réparation des dommages moraux causés par sa conduite abusive, illégale et fautive » et 100 000 $ « pour les atteintes illicites et intentionnelles portées à ses droits fondamentaux de sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation ».

Les avocates de l’ancienne cheffe d’antenne, Me Caroline Biron et Me Ioana Jurca du cabinet Woods, considèrent que le diffuseur public a propagé « des propos mensongers et diffamatoires » à l’égard de Mme Nadeau, ce qui aurait « pratiquement mené à sa mort professionnelle ». On peut par ailleurs lire dans le document que « les circonstances exactes entourant les reproches formulés contre Mme Nadeau demeurent nébuleuses ».

« […] La carrière de Mme Nadeau est entachée pour toujours et son seul espoir de tenter de racheter son image auprès du public repose maintenant sur des procédures d’arbitrage », soutiennent également les avocates de la demanderesse.

Plainte pour « comportement déplacé »

Mme Nadeau avait quitté Radio-Canada, où elle a travaillé pendant 33 ans, dans des circonstances difficiles à l’été 2021. Le diffuseur public avait d’abord annoncé qu’elle avait « récemment informé la direction de l’information de son intention de prendre sa retraite cet automne ».

Celle qui a été cheffe d’antenne du « Téléjournal week-end » pendant des années avait cependant publié une lettre ouverte dans Le Soleil quelques jours plus tard où elle affirmait avoir été victime d’une « dérive disciplinaire » à la suite d’une plainte « anonyme ».

Plusieurs mois auparavant, Mme Nadeau avait été suspendue un mois sans solde le 17 février 2021 à la suite d’une enquête déclenchée par une plainte anonyme pour « comportement déplacé ». Elle était ensuite partie en congé d’invalidité et n’était pas retournée en ondes par la suite.

Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs de Radio-Canada avait déposé un grief, quelques jours plus tard soit le 25 février 2021 au sujet de cette suspension disciplinaire, qualifiée par Mme Nadeau de « mesure de représailles », d’« abus de droit » et d’atteinte à son « intégrité ». Le syndicat avait ensuite amendé le grief afin d’y ajouter que Mme Nadeau avait « été victime d’un congédiement déguisé » et pour réclamer sa réintégration.

En février 2022, le tribunal d’arbitrage a cependant tranché qu’elle n’avait pas été contrainte de prendre sa retraite, ni été victime d’un « congédiement déguisé » de la part de son ancien employeur.



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