Luc Ferrandez reprend le micro de Bernard Drainville au 98,5 FM

«Je ne vais pas m’empêcher de donner mon opinion et les gens ont le droit de ne pas être d’accord avec moi», assure l’ancien maire du Plateau-Mont-Royal.
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir «Je ne vais pas m’empêcher de donner mon opinion et les gens ont le droit de ne pas être d’accord avec moi», assure l’ancien maire du Plateau-Mont-Royal.

C’est finalement le chroniqueur et ex-politicien Luc Ferrandez qui prendra la place laissée vacante par Bernard Drainville au micro du 98,5 FM les midis de semaine. Dès le 22 août, l’ancien maire du Plateau-Mont-Royal se glissera pour la toute première fois dans le rôle d’animateur radio et prendra la barre d’une nouvelle émission d’affaires publiques intitulée Sans réserve.

La nouvelle a été révélée par La Presse vendredi matin et confirmée peu après par la station de radio lors du dévoilement de sa programmation automnale.

 

« Luc [Ferrandez] nous avait déjà fait part de son intérêt à grandir, à faire autre chose dans la station, et pourquoi pas essayer l’animation. Ça a donc été un choix naturel pour nous de se tourner vers lui, lorsqu’il a fallu trouver soudainement un remplaçant à Bernard Drainville », explique en entrevue Julie-Christine Gagnon, directrice des programmes du 98,5 FM.

Rappelons que Bernard Drainville a démissionné le 2 juin dernier pour refaire le saut en politique provinciale avec la Coalition avenir Québec (CAQ). Son émission Drainville PM, la plus écoutée de sa case horaire, a ainsi pris fin abruptement.

Même si Luc Ferrandez n’a encore jamais animé d’émission radio ni même effectué de remplacement dans ce rôle, « il est LA bonne personne pour animer cette nouvelle émission », assure Mme Gagnon. « Il est très cultivé, charismatique, très humain, souligne-t-elle. Il est curieux et il veut comprendre les choses en profondeur. »

Elle ajoute qu’il a tout de même de l’expérience derrière le micro : il tient depuis trois ans une chronique dans l’émission matinale de Paul Arcand — qu’il poursuivra d’ailleurs — , ainsi que dans l’émission de Patrick Lagacé en après-midi. Sans compter ses collaborations chez Noovo Info et Radio-Canada.

« Au début, j’aimais l’idée de cibler des sujets, faire mes recherches, approfondir et tout décortiquer », explique de son côté Luc Ferrandez, en entrevue avec Le Devoir. « Après trois ans, je me suis rendu compte que j’avais assez de connaissances et de profondeur pour faire des liens, que j’avais l’envie et la capacité de toucher à un plus grand nombre de sujets. »

Reste qu’on ne s’improvise pas animateur du jour au lendemain, de l’aveu même du principal intéressé. « J’ai fait des pratiques dans les dernières semaines devant les formateurs et les boss du 98,5 FM. Je ne suis pas encore bon, et je ne vais pas être excellent dès le départ. J’ai beaucoup de choses à apprendre et je vais suivre une courbe d’apprentissage sur plusieurs mois avant que je sois complètement à l’aise », reconnaît celui qui est bien plus habitué à répondre aux questions qu’à les poser.

Dans la forme, l’émission restera sensiblement la même qu’au temps de Bernard Drainville : Luc Ferrandez préfère faire ses classes avant de « tout changer » et d’imposer sa façon de faire. Pour progresser, il compte notamment s’appuyer sur l’expérience de son équipe et de ses collaborateurs aux intérêts variés. Parmi eux : l’animateur et chroniqueur Meeker Guerrier parlera de sport sous un angle social ; la journaliste Marie-Ève Tremblay apportera un regard différent sur des sujets comme le racisme, le sexisme, l’exploitation sexuelle ou encore l’éducation. On retrouvera également Luc Lavoie et Christian Page. « Ils ont des idées et des préoccupations différentes des miennes. Je suis sûr qu’ils vont me contredire s’il le faut et j’adore ça. »

« Une personne qui polarise »

« C’est sûr que Luc a des idées plus à gauche, qu’il n’hésite pas à afficher. Mais il a cette préoccupation de faire le balancier avec ses collaborateurs et intervenants pour avoir un réel dialogue », fait valoir Julie-Christine Gagnon.

La directrice des programmes du 98,5 FM ne doute pas que les auditeurs vont « embarquer ». « Luc c’est une personne qui polarise. Mais les gens ont déjà appris à le connaître ces dernières années, ils connaissent ses positions. Et avec le temps, il y a plus de gens qui l’aiment que l’inverse », poursuit-elle.

Être aimé ? Luc Ferrandez s’en préoccupe peu. « Je polarise oui, mais c’est pas grave. Je ne vais pas m’empêcher de donner mon opinion et les gens ont le droit de ne pas être d’accord avec moi ». Son but, dit-il, est de nourrir des discussions « respectueuses et enrichissantes » avec ses intervenants afin que les auditeurs ressortent de son émission en ayant appris plein de choses sur l’actualité de la semaine.

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