À voir à la télévision le 5 janvier 2005 - Chicanes de famille

André Forcier disait de France Castel qu'elle avait le péché inscrit sur le visage. Venant de la part de l'enfant terrible du cinéma québécois, qui a tourné, pendant des années, presque aussi vite que Terrence Malick (parfois un film tous les sept ans... ), il s'agit bien sûr d'un compliment.

Il n'est guère surprenant de la voir incarner, dans Le Vent du Wyoming, une mère qui, un beau matin, décide de partir avec l'amant de sa fille Léa (Sarah-Jeanne Salvy), laissant complètement K.-O. son époux Marcel (Michel Côté), propriétaire d'un gymnase où s'entraînait justement son jeune et beau rival. Léa, une adolescente fleur bleue mais aux idées parfois bien sombres, décide de se venger de cette mère ingrate mais aussi de tout son entourage et, pourquoi pas, âge ingrat oblige, de l'humanité tout entière.

Pour mettre à exécution cet ambitieux projet, elle réclame l'aide d'un hypnotiseur, le Grand Albert (Marc Messier), en tournée américaine dans un motel cheap de la banlieue, là où «les poubelles sentent l'amour». Évidemment, rien ne se passe comme prévu puisque les personnages, guidés par leurs pulsions bien plus que par leur raison, naviguent en eaux troubles et transforment leur existence banale en épopée poétique.

C'est d'ailleurs ce qu'accomplira Léa, au milieu de religieuses qui lévitent, de cobayes du Grand Albert victimes du syndrome de Chicago et aussi des autres membres de sa famille, dont une soeur boulimique (Céline Bonnier, affichant déjà un fougueux tempérament d'actrice) amoureuse d'un auteur français. Et, comme toujours chez Forcier, rien n'est simple, et c'est tant mieux.

Le Vent du Wyoming Artv, 19h30