À voir à la télévision le 6 janvier 2005 - Bitcheries

Vous avez vu les bandes-annonces provocantes sur les ondes de Radio-Canada, vous avez vu leurs gueules maquillées dans des publicités placées dans le métro de Montréal, mais une émission complète, c'est un choc.

Peu de temps avant Noël, Radio-Canada avait organisé pour les médias un visionnement de trois épisodes de Cover Girl. Immédiatement, les journalistes se sont divisés en deux groupes, ceux qui se bidonnaient et ceux qui détestaient. Je suis plus proche du deuxième groupe. Et le grand public risque d'être tout autant divisé.

On a un peu de difficulté à comprendre pourquoi une telle série est placée à 19h30, une heure plutôt familiale, alors que les séries dites plus adultes sont habituellement placées à 21h. La perspective de regarder en début de soirée un groupe de grandes folles qui se bitchent, s'insultent, se poignardent dans le dos, sacrent et parlent gras pourrait vous faire avaler votre souper de travers.

Issue de l'imagination de Richard Blaimert, qui avait auparavant fait dans le téléroman familial avec Le Monde de Charlotte, et de l'écrivain Pierre Samson, Cover Girl est une série humoristique de 13 épisodes sur les relations à l'intérieur d'un groupe de drag queens. La réalisation de Louis Choquette est excellente et on y trouve de fort bons comédiens. Je précise que je n'ai rien en particulier contre le fait de présenter un tel univers: chez un Michel Tremblay, les travestis en disent beaucoup sur la condition humaine. Et la drag queen bien connue Mado, qui écrit dans un hebdo montréalais, peut sembler outrancière, mais elle porte aussi un discours social mordant. Dans Cover Girl, pas de critique sociale, pas de grande réflexion, sinon une vulgarité qui risque de conforter les préjugés envers un monde marginal. À vous de juger.

Cover Girl Radio-Canada, 19h30