Pierre Bruneau prend sa retraite

Après avoir fait ses premières armes dans le Centre-du-Québec et en Mauricie, Pierre Bruneau s’est joint en 1976 à ce qui s’appelait encore à l’époque Télé-Métropole.
Photo: Martin Chevalier Pool La Presse canadienne Après avoir fait ses premières armes dans le Centre-du-Québec et en Mauricie, Pierre Bruneau s’est joint en 1976 à ce qui s’appelait encore à l’époque Télé-Métropole.

Chef d’antenne de TVA depuis près de 46 ans, Pierre Bruneau a annoncé jeudi durant son bulletin de nouvelles son départ à la retraite. S’en est suivie une pluie d’hommages pour celui qui a su gagner la confiance des Québécois en étant présent à tous les grands moments historiques des dernières décennies.

Après 50 ans de carrière, ce pilier de l’information, devenu l’une des figures familières du petit écran québécois, cédera l’antenne le 16 juin prochain, quelques jours après avoir fêté son 70e anniversaire.

« J’ai toujours la passion du métier, venir au boulot n’a jamais été une corvée, au contraire. Mais après 45 ans sous les projecteurs de TVA et 50 ans de journalisme, j’ai le goût d’un peu d’ombre, de profiter de la vie », a-t-il livré devant la caméra, serein, mais visiblement ému.

Après avoir fait ses premières armes dans le Centre-du-Québec et en Mauricie, Pierre Bruneau s’est joint en 1976 à ce qui s’appelait encore à l’époque Télé-Métropole. Rapidement, il deviendra l’une des têtes d’affiche de la station grâce à son ton rassurant et à sa voix grave, reconnaissable entre toutes.

Lauréat de 23 trophées Artis, un record, Pierre Bruneau a aussi su attirer la sympathie des Québécois avec son histoire personnelle. En 1988, son fils Charles, 12 ans, décède de la leucémie après un long combat médiatisé. La Fondation Charles-Bruneau œuvre aujourd’hui pour la recherche en oncologie pédiatrique.

Après 45 ans sous les projecteurs de TVA et 50 ans de journalisme, j’ai le goût d’un peu d’ombre, de profiter de la vie

Il a d’ailleurs précisé jeudi qu’il demeurerait actif au sein de la fondation. La tête d’affiche de TVA a également fait savoir qu’il allait revenir à l’antenne dans un autre rôle lors de la campagne électorale l’automne prochain.

« Merci à mes collègues de TVA, membres de la direction, journalistes, producteurs, techniciens pour leur professionnalisme. Vous m’avez tous rendu meilleur. Ensemble, nous avons fait de TVA non seulement le réseau le plus écouté, mais la référence au Québec », a-t-il souligné, après avoir expliqué que son départ à la retraite avait été retardé par la pandémie, puis la guerre en Ukraine.

Respect

Pierre Bruneau aura couvert tous les grands événements de l’histoire récente du Québec, de la tuerie à Polytechnique à l’attentat à la Grande Mosquée de Québec, en passant par la crise d’Oka et les deux référendums.

Sa longévité a été unanimement saluée sur les réseaux sociaux par des personnalités, à commencer par Pierre Karl Péladeau, le chef de la direction de Québecor.

« Respecté par ses pairs, Pierre Bruneau a noué un lien de confiance avec les Québécois/es. Pierre, ce fut un privilège de te compter dans la grande famille de Québecor pendant 46 ans. Merci pour ta passion et ton professionnalisme qui ont mené TVA Nouvelles vers de nouveaux sommets », a écrit sur Twitter l’ancien chef du Parti québécois.

Le journaliste s’est aussi attiré les hommages de certaines des têtes d’affiche de la chaîne adverse, Radio-Canada. Anne-Marie Dussault, entre autres, a parlé de lui comme d’un collègue « très respecté et aimé du public » sur son compte Twitter.

En entrevue au Devoir, le professeur de journalisme Patrick White a statué que Pierre Bruneau restera assurément dans les livres d’histoire des médias québécois, non seulement pour sa capacité à traverser les époques, mais aussi parce qu’il a réussi à faire de TVA une alternative crédible à Radio-Canada en information, ce qui était loin d’être gagné au départ. « Il faut se rappeler que, quand il est arrivé, Télé-Métropole avait peu de moyens et était très peu respectée. Il y a une crédibilité qui s’est établie avec les années. Et aujourd’hui, les cotes d’écoute du bulletin de TVA ont dépassé, et de loin, celles de Radio-Canada », évoque celui qui enseigne à l’École des médias de l’UQAM.

M. White croit également que Pierre Bruneau aura contribué à décoincer les journaux télévisés en présentant les nouvelles non plus toujours assis derrière un tabouret, mais parfois aussi debout, avec des infographies. Reste que son départ, 13 ans après celui de son rival radio-canadien Bernard Derome, marque la fin d’une époque et un changement de génération.

« Pour TVA, c’est l’occasion d’essayer de rajeunir son auditoire, à un moment où son âge moyen [avoisine les 60 ans] », note Patrick White, en ajoutant qu’il serait étonnant, par contre, que le successeur de Pierre Bruneau réussisse à tenir 45 ans à l’antenne dans le contexte actuel.

Le nom du celui ou celle qui prendra la relève de Pierre Bruneau n’a pas encore été dévoilé. 

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