Instagram teste les abonnements payants pour ses influenceurs

Pour commencer, Instagram va tester cette approche auprès d’une poignée d’influenceurs aux États-Unis.
Photo: Olivier Douliery Agence France-Presse Pour commencer, Instagram va tester cette approche auprès d’une poignée d’influenceurs aux États-Unis.

Instagram va donner la possibilité à des influenceurs de proposer des abonnements payants à leurs fans, un nouvel outil pour le réseau social, qui a besoin d’attirer et de conserver des créateurs de contenu pour ne pas perdre de terrain face à YouTube et à TikTok.

Les créateurs « ont besoin de revenus prévisibles », a expliqué mercredi dans une vidéo Adam Mosseri, le patron de la plateforme qui appartient à Meta (Facebook).

« Et les abonnements sont l’un des meilleurs moyens d’avoir des revenus prévisibles, qui ne dépendent pas de l’auditoire, qui varie d’une publication à une autre, inévitablement », a-t-il ajouté.

Pour commencer, Instagram va tester cette approche auprès d’une poignée d’influenceurs aux États-Unis.

Leurs abonnés payants auront accès à des stories (les publications éphémères) et à des lives (vidéos en direct) exclusifs, et se distingueront des autres fans par un symbole violet à côté de leur nom, pour que les créateurs les repèrent facilement dans les commentaires et les messages privés.

Les réseaux sociaux initialement gratuits — parce que leur modèle économique repose sur les recettes publicitaires — ont déployé ces dernières années différentes techniques de rémunération.

Ces techniques permettent aux professionnels des plateformes de diversifier leurs sources de revenus, au-delà du pourcentage publicitaire, des produits dérivés, des contrats avec des marques et des ventes de programmes éducatifs ou sportifs.

La monétisation, le nerf de la guerre

Sur TikTok, par exemple, les spectateurs peuvent faire des dons. Sur Twitch (plateforme de jeux vidéo) aussi, et ils peuvent en plus s’abonner à leurs joueurs favoris.

Twitter leur a emboîté le pas avec des initiatives comme les abonnements payants à certains comptes ou la « Tip Jar », ou « boîte à pourboires ».

« Nous voulons aider les créateurs à transformer leur public en fans, et leurs fans en revenus », avait résumé en septembre dernier Esther Crawford, directrice des produits de monétisation chez Twitter. « Nous voulons que Twitter soit le meilleur endroit pour les conversations des influenceurs avec leur public. »

Adam Mosseri a par ailleurs précisé que ses équipes cherchaient un moyen pour les créateurs « de pouvoir emmener leurs abonnés d’autres applications éditées par d’autres entreprises ».

Les autorités européennes et américaines de la concurrence appellent régulièrement les plateformes à faciliter la portabilité des données, c’est-à-dire la possibilité pour les utilisateurs d’emmener avec eux leurs contacts sur une autre application s’ils le désirent.

Meta, comme les autres géants des technologies, fait face à diverses enquêtes et plaintes pour abus de position dominante.

À voir en vidéo