V.I.P.: R.-C. fait son mea-culpa

Il est tellement rare qu'une émission soit annulée après une seule diffusion que Dominique Chaloult, la directrice des variétés de Radio-Canada, ne savait pas hier ce qu'il advenait du contrat de Louis Morissette, qui a volontairement mis fin cette semaine au magazine artistique humoristique V.I.P. présenté jeudi dernier.

Reçoit-il une partie de son salaire? Doit-il payer un dédommagement à Radio-Canada? «Je n'en ai aucune idée, c'est une situation très inédite», dit-elle.

Pour le reste, Dominique Chaloult fait son mea-culpa: «Nous avons tous appris, nous sommes tous solidaires, Radio-Canada assume sa part de responsabilité et son erreur», a-t-elle indiqué hier devant quelques journalistes.

L'affaire n'est pas banale puisque V.I.P. a été retirée après une seule diffusion alors que, depuis deux semaines, l'animateur et concepteur Louis Morissette accordait des entrevues à tous les médias. Radio-Canada avait d'ailleurs fait un imposant battage publicitaire autour de l'émission dans ses autopromotions et au moyen de panneaux publicitaires dans la ville.

La première émission a été sévèrement jugée par les critiques et, selon Dominique Chaloult, c'est Louis Morissette qui a lui-même décidé de mettre fin à l'expérience. «J'aurais été prête à lui donner une seconde chance», soutient-elle.

Mais du même souffle, Dominique Chaloult explique qu'elle avait suggéré il y a deux semaines de reporter V.I.P. en janvier prochain après avoir vu une émission-pilote. «Mais Louis Morissette a été très convaincant», ajoute-t-elle.

La première émission aurait été bouclée moins d'une heure avant la mise en ondes, semble-t-il. «Le problème, c'était le ton adopté, affirme Dominique Chaloult. Si Louis avait trouvé un autre ton, ça aurait pu passer, et je crois que ç'aurait été possible en une semaine, en travaillant très fort.»

Comme quoi l'art télévisuel n'est pas une science exacte... On se souvient qu'il y a quelques années, Radio-Canada avait tué trois jours avant sa mise en ondes une nouvelle émission de variétés qui devait prendre l'affiche le samedi soir avec Bruno Blanchet, émission qui, elle aussi, avait fait l'objet d'un grand battage publicitaire.
1 commentaire
  • Micheline Carrier - Inscrite 15 octobre 2004 14 h 27

    Radio-Canada et la médiocrité

    Remarquable que Radio-Canada organise toujours des battages publicitaires montres pour mousser des émissions médiocres. Ah! si seulement Radio-Canada en faisait autant pour les émissions culturelles de qualité et en avait pas autant pour sa Chaîne culturelle à la radio qu'il a tuée, détruisant ainsi une partie de notre patrimoine. Autre temps, autres moeurs: la médiocrité est à la mode. Tout le monde le fait, Radio-Canada suit donc.