Lemay-Thivierge poursuit «La Presse» pour 1,85 million

Selon Guillaume Lemay-Thivierge, les révélations de «La Presse» à son endroit sont des «faussetés» qui ont «induit le public en erreur» et qui ont «laissé aux lecteurs l’impression générale» qu’il était un «antivax».
Photo: Capture d'écran Facebook Selon Guillaume Lemay-Thivierge, les révélations de «La Presse» à son endroit sont des «faussetés» qui ont «induit le public en erreur» et qui ont «laissé aux lecteurs l’impression générale» qu’il était un «antivax».

Guillaume Lemay-Thivierge poursuit La Presse après la publication cet automne d’un article révélant son statut de non-vacciné. Le comédien et réalisateur reproche au quotidien d’avoir nui à sa carrière et lui réclame 1,85 million en dommages.

« Le demandeur a été profondément choqué, frustré et attristé de voir des informations intimes et personnelles le concernant être révélées au public sans son consentement. [Il] s’est senti et se sent encore accablé, gêné, humilié chaque fois que son statut vaccinal est mentionné ou commenté sur la place publique », peut-on lire dans la poursuite civile déposée fin décembre au palais de justice de Montréal.

En septembre dernier, Guillaume Lemay-Thivierge s’est retrouvé sous le feu des projecteurs après la publication de l’article « Non vacciné, Guillaume Lemay-Thivierge s’attire des ennuis » dans La Presse, signé par Hugo Dumas et Patrick Lagacé. On y révélait qu’il avait perdu un contrat de réalisation d’épisodes de District 31 parce qu’il n’avait pas encore reçu ses deux doses de vaccin contre la COVID-19.

La Presse avait également rapporté que l’animateur aurait demandé à deux restaurants de l’admettre dans leur salle à manger même s’il n’avait pas de preuve vaccinale. Il aurait aussi contacté des collègues dans le milieu artistique pour qualifier leur adhésion aux mesures sanitaires de « lavage de cerveau ».

Selon Guillaume Lemay-Thivierge, ces révélations sont des « faussetés » qui ont « induit le public en erreur » et qui ont « laissé aux lecteurs l’impression générale » qu’il était un « antivax ».

Le réalisateur soutient qu’aucun contrat n’avait été signé pour la réalisation d’épisodes de District 31 au moment de la parution de l’article. Il avait plutôt été convenu entre la production et lui que son mandat serait reporté, en fonction des exigences vaccinales.

Il assure également n’avoir jamais demandé de traitement de faveur pour être servi dans un restaurant, mais s’être plutôt enquis de la politique en vigueur dans les établissements, puisque Québec avait offert une période de sursis de deux semaines, du 1er au 15 septembre, pour mettre en application le passeport vaccinal.

Il ajoute n’avoir jamais pris position publiquement contre les mesures sanitaires. Au lendemain de la parution de l’article de La Presse, en septembre, il avait d’ailleurs fait le point sur les réseaux sociaux et s’était engagé à se faire vacciner, précisant toutefois attendre l’homologation du vaccin québécois Medicago.

Perte de contrats

« L’article est le résultat d’une démarche journalistique bâclée, déficiente et sensationnaliste, empreinte d’iniquité et constitue une atteinte délibérée à la vie privée du demandeur. […] [l’article] avait pour but et effet de le déconsidérer auprès du public, en l’exposant à la vindicte populaire et médiatique », résument ses avocats dans la poursuite.

Ils font valoir que leur client aurait perdu des millions de dollars à la suite de cette publication. Car en plus de tirer un trait sur son partenariat avec Hyundai, Guillaume Lemay-Thivierge aurait vu « plusieurs de ses autres engagements professionnels [conférences, pièces de théâtre, animation, etc.] être compromis, réduits ou résiliés ».

Après l’envoi début décembre d’une mise en demeure offrant à La Presse de résoudre ce différend par « un mode alternatif », le quotidien a soutenu n’avoir commis aucune faute en publiant son reportage. Guillaume Lemay-Thivierge se tourne donc vers les tribunaux pour exiger le retrait de l’article et réclamer 1,85 million de dollars en dommages.

L’affaire sera prochainement tranchée par la Cour supérieure du Québec.

La Presse n’a pas souhaité émettre de commentaires, « le dossier étant judiciarisé ».

Même son de cloche du côté de Guillaume Lemay-Thivierge, qui a simplement tenu à souhaiter « une bonne année, avec plus de douceur, d’amour et de gentillesse à tout le monde ».

Contacté par Le Devoir, le Conseil de presse du Québec a indiqué avoir reçu une seule plainte sur l’article en question, précisant qu’elle ne venait pas du comédien.

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