Québecor s'élève contre les géants du numérique avec son application QUB

En plus des articles et vidéos tirés des différentes propriétés médiatiques de Québecor, QUB intègre les balados et la musique de QUB radio et de QUB musique.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne En plus des articles et vidéos tirés des différentes propriétés médiatiques de Québecor, QUB intègre les balados et la musique de QUB radio et de QUB musique.

La haute direction de Québecor convie la presse ce mercredi à la présentation d’un « tout nouveau projet d’envergure » entièrement numérique. Appelé QUB, il s’agit d’une application-plateforme dans laquelle le géant montréalais regroupera le contenu provenant d’à peu près toutes ses propriétés médias, des articles aguicheurs du magazine 7 Jours aux reportages vidéo fraîchement mis en ligne par TVA Nouvelles.

Le Devoir a pu mettre la main sur une version test de QUB et l’a essayée ces derniers jours. En plus des articles et vidéos tirés des différentes propriétés médiatiques de Québecor, QUB intègre les balados et la musique de QUB radio et de QUB musique. Le tout est présenté un peu à la manière d’un fil d’actualité sur mobile. L’application a d’ailleurs été conçue pour s’afficher de manière optimale à l’écran d’un téléphone, même si elle peut être consultée sur tablette et en version Web.

Québecor propose ainsi l’ensemble du contenu numérique qu’elle produit à un seul endroit. Cela équivaut à plusieurs dizaines de nouveaux éléments d’information et de divertissement chaque jour.

QUB pourra être consultée par le public de façon tout à fait gratuite, sauf dans le cas des services intégrés qui exigent un abonnement, comme QUB musique, qui ne fonctionneront que si l’utilisateur est dûment inscrit. L’application repose sur un modèle publicitaire pour générer des revenus. Elle n’est pas dénuée de promotion croisée : les participants à la série de téléréalité L’île de l’amour étaient d’ailleurs bien présents dans le fil de recherche de l’appli plus tôt cette semaine, qu’on le veuille ou non.

Corollaire de la stratégie de diffusion des contenus de Québecor sur ses différentes plateformes, des articles identiques publiés sur les sites du Journal de Montréal, de TVA Nouvelles ou du 24 heures, par exemple, peuvent apparaître l’un à la suite de l’autre dans le fil général de QUB. L’utilisateur peut toutefois filtrer le contenu selon ses préférences pour éliminer la redite ou les éléments qui l’intéressent moins. Plus tard, l’application bâtira des fils sur mesure à l’aide d’algorithmes de personnalisation qui reposent sur la technologie du géant américain Amazon.

Pour faire un peu de place dans son catalogue pour la nouvelle venue, Québecor débranchera une application mobile plus ancienne appelée J5. Les propriétaires d’un téléphone intelligent doté de cette application verront ainsi celle-ci se transformer en application QUB lors d’une prochaine mise à jour.

« Ouvert » à la francophonie

Comme sa nouvelle création contient une bonne part de contenu d’actualité, la direction de Québecor semble vouloir la positionner comme une rivale aux offres numériques de ses deux éternels rivaux québécois : La Presse+ et ICI Radio-Canada.

Mais le projet, qui serait l’idée du p.-d.g. Pierre Karl Péladeau lui-même, ressemble davantage à l’offre combinée récemment proposée par certains géants américains du numérique. C’est le cas entre autres du bouquet de services Apple One, qui comprend de l’information, du divertissement audiovisuel et même des jeux vidéo.

QUB ne va pas aussi loin, mais les créateurs de la plateforme songent déjà à une évolution qui inclurait du contenu provenant de l’extérieur du giron de Québecor. Des éditeurs francophones établis à l’extérieur du Québec et des créateurs de contenu médiatique non traditionnel — des baladodiffuseurs et des influenceurs très populaires, par exemple — pourraient entre autres être invités à diffuser leur contenu sur QUB.

Naturellement, au-delà de l’offre, il y a aussi la demande. Est-ce que les consommateurs québécois de contenu d’actualité et de divertissement s’approprieront la nouvelle application de Québecor ? Les adeptes des produits de l’entreprise montréalaise seront sans doute les premiers sollicités. L’entreprise entend aussi miser sur sa filiale Vidéotron pour mousser l’intérêt à l’égard de QUB.

Ce n’est rien que ses rivaux ne font pas déjà, chacun à sa manière. Bell fait énormément de promotion pour son application de vidéo à la demande Crave auprès des clients de ses services de téléphonie mobile. Rogers, de son côté, offre jusqu’à six mois d’abonnement gratuit au service musical Apple Music à certains de ses abonnés.

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