Le journal «Métro» fait peau neuve

Pour atteindre les millénariaux, Métro Média a accéléré son virage numérique. Les contenus journalistiques ont été adaptés au format numérique. On trouvera ainsi davantage de nouvelles sous forme d’infographies, de vidéos courtes ou encore de photoreportages, et un site Web rafraîchi.
Photo: Métro Média Pour atteindre les millénariaux, Métro Média a accéléré son virage numérique. Les contenus journalistiques ont été adaptés au format numérique. On trouvera ainsi davantage de nouvelles sous forme d’infographies, de vidéos courtes ou encore de photoreportages, et un site Web rafraîchi.

Au tour du journal Métro de s’offrir une cure de jouvence. Avec une nouvelle identité papier et numérique, de nouveaux collaborateurs et de nouveaux contenus misant sur l’information ultralocale, le quotidien souhaite mieux rejoindre les jeunes.

« Les millénariaux, c’est la prochaine génération à avoir de l’influence sur l’avenir de Montréal. Ils commencent à s’établir ici, à acheter un logement, fonder une famille, partir leur entreprise. […] On veut se rapprocher de cette génération et donc rajeunir notre style », lance d’emblée Andrew Mulé, président et directeur général de Métro Média, en entrevue avec Le Devoir.

Cette nouvelle identité dévoilée mardi se traduit autant dans le fond que dans la forme. Le quotidien Métro et les quelque 21 hebdomadaires de quartier du groupe médiatique s’intéresseront davantage à des sujets qui interpellent un plus jeune public, comme l’environnement, la culture et l’entrepreneuriat.

L’accent sera encore plus mis sur les nouvelles locales et ultralocales. « À Montréal, on représente près de deux millions de personnes. L’expérience de quelqu’un qui vit à LaSalle est totalement différente de celle de quelqu’un qui vit à Anjou », fait remarquer M. Mulé. Cette orientation se veut aussi un moyen de se démarquer des autres médias, qui délaissent de plus en plus l’information locale et régionale, selon lui.

Pour rappel, le principal concurrent de Métro, le 24 heures, a annoncé en février vouloir « élargir ses horizons » et « sortir de l’île de Montréal » en adoptant lui aussi une nouvelle identité pour rajeunir son lectorat.

Virage numérique

Pour atteindre les millénariaux, Métro Média a accéléré son virage numérique. En plus de rafraîchir son site Web, l’entreprise lance mardi une nouvelle application mobile gratuite, qui regroupe toutes les actualités du quotidien Métro et des hebdomadaires de quartier. Les utilisateurs peuvent d’ailleurs sélectionner leur position géographique pour obtenir en premier les nouvelles de leur arrondissement.

Les contenus journalistiques ont aussi été adaptés au format numérique. On trouvera ainsi davantage de nouvelles sous forme d’infographies, de vidéos courtes ou encore de photoreportages.

Pour effectuer ces changements de taille, Métro Média précise avoir agrandi son équipe dans la dernière année, avec l’ajout de journalistes, de directeurs de section et de producteurs de contenu.

De nouveaux chroniqueurs se joindront aussi à l’équipe cet automne, afin de mieux décoder les tendances et commenter l’actualité montréalaise. Parmi eux, Kharoll-Ann Souffrant interviendra sur des sujets de société et sur la diversité, Catherine Éthier partagera ses états d’âme citadins, et Xavier Watso prendra la parole sur les enjeux autochtones. On retrouvera également la plume de Mathieu Charlebois et de Caroline Décoste.

Le papier, là pour rester

Contrairement au 24 heures, qui est passé cet hiver d’un quotidien distribué cinq jours par semaine à un magazine hebdomadaire, les publications imprimées de Métro Média ne seront pas revues à la baisse, assure-t-on. Non seulement Métro continuera d’être distribué dans le métro montréalais tous les mardis, mercredis et vendredis, mais il fera aussi peau neuve.

« On a un grand respect pour les lecteurs du papier, qui nous ont permis d’arriver là où on est aujourd’hui. Ces lecteurs comptent encore sur nous pour livrer du contenu imprimé. Ce n’est pas le média de choix pour la jeune génération, mais il y en a encore d’autres qui l’apprécient. On aimerait préserver ce modèle hybride aussi longtemps qu’on peut », assure Andrew Mulé.

Rappelons qu’en raison d’une diminution des revenus publicitaires engendrée par la baisse d’achalandage dans les transports en commun depuis le début de la pandémie, Métro n’a pas été distribué dans sa version papier pendant trois semaines, en août 2020. Un mois plus tard, le journal imprimé était de nouveau distribué, mais seulement deux fois par semaine plutôt que cinq.

À voir en vidéo