Radio X s'en prend à la coalition «Sortons les radios-poubelles»

Les compagnies qui achètent des publicités sur leurs ondes souffrent d’ acharnement» de la part des membres de la coalition, plaide Radio X.
Photo: Francis Vachon Le Devoir. Les compagnies qui achètent des publicités sur leurs ondes souffrent d’ acharnement» de la part des membres de la coalition, plaide Radio X.

Les dirigeants de Radio X réclament une « injonction interlocutoire » à la Cour supérieure du Québec pour que le collectif « Sortons les radios-poubelles » de Québec cesse de s’en prendre à ses annonceurs publicitaires.

RNC Média, propriétaire de CHOI Radio X, invoque dans sa requête une « usurpation d’identité », des « communications harcelantes » et du « dénigrement public » qui nuisent à leurs « activités commerciales légitimes ». Les compagnies qui achètent des publicités sur leurs ondes souffrent d’« acharnement » de la part des membres de la coalition, plaide-t-on.

« À partir du moment où des entreprises deviennent les victimes collatérales d’un mouvement piloté par des trolls, la ligne de l’inacceptable a été franchie », a commenté le chef de la direction de RNC Média, Robert Ranger, dans un communiqué diffusé lundi après-midi.

Radio X n’exige « pour l’instant » aucun dédommagement en argent. La station somme plutôt les personnes associées à la coalition « Sortons les radios-poubelles » de s’identifier publiquement et de cesser « toute incitation au harcèlement ».

Les dirigeants de Radio X, qui ne souhaitent pas discuter de la poursuite, précisent que certains de leurs annonceurs « ont effectué des démarches auprès des corps policiers pour des gestes à caractère criminel commis à leur endroit ».

« Le débat n’est pas de savoir si l’on est sympathique ou non à une radio ou à une autre, c’est une question de définir le genre de société dans laquelle nous voulons vivre », a déclaré par écrit Philippe Lefebvre, vice-président de RNC Média. « Pour moi, l’intimidation ne sera jamais la solution et il faut dénoncer haut et fort ce mouvement de trolls qui pullulent sur les médias sociaux cachés derrière leur écran. »

Les représentants de « Sortons les radios-poubelles » affirment n’avoir reçu aucun document en lien avec cette poursuite. Ils assurent avoir pris connaissance de l’existence de l’injonction en lisant le communiqué de RNC Média.

Les accusations du propriétaire de Radio X sont « frivoles » et « dénuées de fondement » répliquent-ils, également par voie écrite. Aux accusations d’« usurpation d’identité », de « communications harcelantes » et de « dénigrement public », les membres du collectif rétorquent qu’ils sont « anonymes », qu’ils ne cherchent qu’à « sensibiliser les commanditaires sans aucun harcèlement » et qu’ils n’ont fait que publier « les propos qui se disent sur les ondes ».

Les membres de la coalition laissent entendre que le dévoilement de leur identité, « nœud central de cette poursuite-bâillon » disent-ils, permettrait aux animateurs de Radio X de « lancer leurs troupes » contre eux « pour [les] dénigrer et [les] harceler ».

« Nous étudions les options qui s’offrent à nous advenant le cas où la Cour accepterait d’entendre cette cause. »

Désistements

Les débats pandémiques ont échaudé plusieurs annonceurs de la controversée station de radio. En automne dernier, une quinzaine d’annonceurs las du discours jugé nuisible à la santé publique avaient retiré leurs publicités des ondes de Radio X.

C’est la Ville de Québec qui avait entamé le mouvement. L’administration Labeaume reprochait à la station de radio de « faire la promotion de l’opposition aux mesures sanitaires », alors qu’elle-même « investit des millions de dollars depuis des mois pour contrer les effets dévastateurs de cette pandémie ». Par la suite, Hydro-Québec, Desjardins, La Capitale, l’Industrielle Alliance ou encore le groupe Restos Plaisirs, entre autres entreprises, avaient désavoué CHOI Radio X.

Dans la foulée de ces désistements, RNC Média avait mis en demeure la Ville de Québec. « C’est une démarche pour museler la Ville et son maire », avait rétorqué le maire Régis Labeaume. « Ça n’arrivera pas. »

Huit mois après cette vague de retrait des annonceurs, la plupart des entreprises qui avaient quitté les ondes de Radio X n’y étaient toujours pas revenues, rapportait Le Devoir en mai dernier.

Par ailleurs, il n’y a pas eu de seconde vague de retraits publicitaires au lendemain de la controverse qui a frappé la station ce printemps, découlant de son association avec le propriétaire du Mega Fitness Gym, Daniel Marino. Pourtant, le 15 avril dernier, le maire Labeaume avait déclaré que CHOI avait fait de M. Marino « une vedette ». Du 3 au 13 avril, la coalition « Sortons les radios-poubelles » enjoignait à la population d’interpeller les entreprises et les organisations qui annonçaient toujours à CHOI dans le cadre d’une campagne baptisée « Assumez-vous votre CHOI ? ».

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