Médias - L'hebdo Ici se cherche encore

L'hebdomadaire montréalais Ici ne proposera plus de section «société» à ses lecteurs à compter de son édition de cette semaine. Le nombre de pages du journal de Quebecor sera aussi revu à la baisse. D'autres changements importants sont attendus d'ici la fin du mois d'août par l'équipe de rédaction.

Serge Gosselin, vice-président de Sun Media, a été chargé de revoir le fonctionnement du journal. Nommé il y a quelques semaines à titre d'éditeur, en remplacement de Michel Desbiens, il examine désormais toutes les possibilités de la formule en place. L'an passé, Serge Gosselin avait aussi été chargé de redéfinir Montréal Métropolitain, le quotidien gratuit de Quebecor rebaptisé sous sa gouverne du nom de 24 heures.

La semaine dernière, la nouvelle direction a exigé le congédiement d'Esther Pilon, la responsable des pages «société» du journal. En poste au journal depuis un peu plus de cinq ans, elle a été informée de cette décision par Pierre Thibeault, le rédacteur en chef. Elle se montre critique à l'égard de cette «réorientation». «Dans la logique du nouvel éditeur, il y aura sûrement d'autres compressions dont je ne représente qu'un avant-goût. C'est une curieuse façon de voir les choses que de se débarrasser de l'information dans un journal», explique-t-elle en entrevue au Devoir.

Le rédacteur en chef d'Ici explique pour sa part qu'il s'agit d'un «recentrage que la haute direction veut faire autour du mandat spécifiquement culturel de la publication». Lui-même n'est pourtant pas pleinement d'accord avec cette façon de voir. Il regrette même la section que dirigeait sa journaliste jusqu'à la semaine dernière. «C'est une section que j'appréciais et qui, d'après moi, permettait un point d'ancrage dans le monde dans lequel on est. Mais c'est une décision qui vient d'au-dessus de moi.»

Lancé en 1997 pour faire concurrence à l'hebdomadaire gratuit Voir, Ici n'a jamais connu les résultats escomptés par ses propriétaires. Depuis la fondation du journal, lancé sous la direction de Jean Barbe, les tentatives pour le situer dans le paysage médiatique montréalais se sont succédé à grande allure. En moins de sept années d'existence, le journal a ainsi connu pas moins de six rédacteurs en chef.

Pierre Thibeault, rédacteur en chef depuis l'automne 2002, craint-il pour son avenir immédiat? «Je ne me sens vraiment pas menacé», répète-t-il deux fois plutôt qu'une.