Appui à CHOI-FM - Liza Frulla se dit «surprise» des commentaires de Jean Charest

Ottawa — L'entourage de la ministre fédérale du Patrimoine, Liza Frulla, s'est dit «surpris» hier des déclarations du premier ministre Jean Charest au sujet de la fermeture prochaine de la station radiophonique CHOI FM, de Québec.

«La ministre est surprise des propos de M. Charest quand il dit que l'avenir de CHOI est entre ses mains», a déclaré l'attaché de presse de Mme Frulla, Donald Boulanger.

Interrogé lundi par la Presse canadienne pour savoir s'il était désormais possible d'empêcher la fermeture de la station, le 31 août, Jean Charest a répondu: «C'est Mme Frulla qui connaît cette réponse.»

Le 13 juillet, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a refusé de renouveler la licence de CHOI en raison des «propos offensants» qui y ont été tenus ces dernières années. Par conséquent, la station devra cesser de diffuser le 31 août prochain.

«Entre la fermeture de la station et toute une autre gamme de sanctions possibles, le CRTC avait un espace qu'il aurait dû examiner», a dit le premier ministre lundi. «M. Charest a droit à ses opinions, mais quand Mme Frulla lui a parlé, ce week-end, elle lui a rappelé que le CRTC est un tribunal indépendant et apolitique», a précisé M. Boulanger.

Dans les jours qui ont suivi sa nomination au Patrimoine, la semaine dernière, Liza Frulla a demandé un avis juridique sur la possibilité ou non que le cabinet fédéral intervienne dans le dossier.

«Mais il est loin d'être évident qu'on puisse renverser cette décision du CRTC, a soutenu l'attaché de presse. La tradition veut que les politiciens s'abstiennent de faire des pressions sur le CRTC et il faut que ça reste ainsi.»

Hier, le premier ministre Charest a cherché à calmer le jeu. «Je ne cherche pas à défendre CHOI», a-t-il assuré en conférence de presse à Montréal.

D'autres appuis

Au même moment, à Québec, plusieurs politiciens ont pris la défense de CHOI sur les ondes de la station. Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, le ministre responsable de la capitale, Sam Hamad, le député du Bloc québécois Michel Guimond et le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, ont pris position, hier matin, en faveur du maintien de la licence de CHOI.

Le chef conservateur, Stephen Harper, avait déjà exprimé ses «préoccupations» à l'égard de la décision du CRTC dans le dossier.

Hier, le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, a accusé les politiciens de se porter à la défense de CHOI par «opportunisme politique». Il faut dire que, jeudi dernier, quelque 50 000 personnes ont marché dans les rues de la capitale pour protester contre la disparition de leur station de radio favorite.