Journaliste sénégalais incarcéré - La mobilisation s'amplifie

Dakar — La mobilisation en faveur du journaliste sénégalais Madiambal Diagne, en détention provisoire depuis près de quinze jours, s'est amplifiée hier avec une marche organisée dans la capitale sénégalaise, et la procédure judiciaire s'est accélérée avec l'audition «sur le fond» de M. Diagne le même jour.

Quelque 2000 personnes ont manifesté hier après-midi pour demander la libération du journaliste sénégalais, incarcéré depuis le 9 juillet, a constaté l'AFP.

Des représentants de la société civile et de la presse nationale et internationale, des hommes politiques de l'opposition, des chercheurs et des adhérents de nombreux syndicats avaient fait le déplacement dans le centre de Dakar, où la marche s'est déroulée entre 16 heures et 18 heures locales (et GMT).

Les manifestants scandaient le slogan «Libérez Madiambal».

Chez le juge

Dans la matinée, M. Diagne avait été entendu pendant trois heures par la doyenne des juges d'instruction de Dakar, Mme Seynabou Ndiaye, au Bloc des Madeleines, le palais de justice de la ville, a indiqué à l'AFP un de ses avocats, Me Ousmane Sèye.

L'avocat du directeur de publication du journal privé dakarois Le Quotidien, Me Boucounta Diallo, a précisé que son client était ensuite reparti à la prison de Reubeuss, où il est détenu.

Il a par ailleurs indiqué que la réponse à une demande de mise en liberté provisoire du journaliste dépendait du juge, qui doit statuer dans un délai maximal de cinq jours. Le parquet peut également donner son avis, dans les dix jours, selon l'avocat.

Le président

Me Diallo, qui fait partie d'un collectif d'avocats défendant Madiambal Diagne, a souligné que lui-même et ses confrères avaient déposé hier, auprès de la doyenne des juges, une requête de mise en liberté provisoire afin que leur client «soit élargi le plus vite possible, car il y a une menace pour l'ordre public».

Selon lui, la mise en liberté du journaliste pourrait, dans le cas d'une réponse favorable de la justice, intervenir en début de semaine prochaine. Le sort du journaliste incarcéré pourrait évoluer de façon favorable à court terme, le président sénégalais Abdoulaye Wade, en visite à Paris, ayant laissé entendre qu'il ne s'opposerait pas à sa mise en liberté.

Le président Wade, qui parlait à l'issue d'un entretien avec son homologue français Jacques Chirac, a déclaré: «Tout ce que nous pouvons faire, c'est, par l'intermédiaire du procureur de la République, dire que nous ne nous opposons pas à sa mise en liberté provisoire».