Campagne populaire - CHOI-FM organise sa résistance

Québec — Bannie des ondes par décret du CRTC, la station de radio CHOI-FM, de Québec, s'apprête à intensifier sa campagne de résistance populaire.

De fait, les animateurs et le personnel de la station prendront part cet après-midi à une grande marche de protestation qui les mènera de l'Université Laval, dans l'arrondissement de Sainte-Foy, à l'Agora de Québec dans le Vieux-Port, en passant par la Grande-Allée.

Le propriétaire de la station et président de Genex Communications, Patrice Demers, de même que le volubile animateur du matin, Jean-François Fillion, prendront la parole à l'Agora en début de soirée, afin d'appeler la foule à protester contre la décision du CRTC.

L'animateur de l'émission d'après-midi, Gilles Parent, et un farouche défenseur de la station, le professeur de science politique Jacques Zylberberg, de l'Université Laval, seront aussi de la partie.

De plus, pour bien illustrer ce que représente l'atteinte «à la liberté d'expression», CHOI-FM cessera de diffuser ses émissions pendant deux heures, cet après-midi, ne faisant entendre qu'un battement de coeur entre les messages d'appel à tous pour la survie de l'entreprise.

À moins d'un revirement de situation inattendu, CHOI-FM — qui compte 380 000 auditeurs — devra fermer ses portes au plus tard le 31 août, soit à l'expiration de son permis.

Décision sans précédent

Dans une décision sans précédent rendue le 14 juillet, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a refusé de renouveler le permis d'exploitation de l'entreprise, invoquant les propos injurieux, orduriers et discriminatoires de l'animateur Fillion.

Outre la pression populaire, la direction de CHOI-FM compte sur une intervention politique de la nouvelle ministre du Patrimoine, Liza Frulla, pour renverser la décision du CRTC.

Au Québec, la ministre des Communications, Line Beauchamp, n'a pas encore jugé bon de réagir à la décision du CRTC, mais l'ADQ a offert son soutien indéfectible à la station.

Sur le front juridique, un appel est en préparation et sera plaidé par l'avocat Guy Bertrand devant la Cour fédérale. Entre-temps, le grand patron de la station, Patrice Demers, espère obtenir une injonction lui permettant de poursuivre les activités de l'entreprise jusqu'à ce que le tribunal rende sa décision.