Martine Desjardins, un regard différent pour la FPJQ

Bien qu’elle n’ait pas évolué dans le milieu journalistique, Martine Desjardins estime que son expérience à titre de directrice générale du MNQ ces cinq dernières années et comme présidente de la FEUQ en 2012 est un atout pour la FPJQ, qui a besoin d’un coup de main pour redresser ses finances et instaurer une saine gestion.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Bien qu’elle n’ait pas évolué dans le milieu journalistique, Martine Desjardins estime que son expérience à titre de directrice générale du MNQ ces cinq dernières années et comme présidente de la FEUQ en 2012 est un atout pour la FPJQ, qui a besoin d’un coup de main pour redresser ses finances et instaurer une saine gestion.

La récente nomination de Martine Desjardins à la direction générale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a créé la surprise dans le milieu journalistique, habitué de voir un membre de la profession occuper ce poste. Mais l’ancienne militante étudiante et ex-candidate pour le Parti québécois compte bien faire de son parcours différent un atout pour la fédération aux prises avec des problèmes de gouvernance ces derniers mois.

« Je suis consciente que je ne connais pas tous les enjeux du milieu ni la réalité du quotidien d’un journaliste puisque je ne l’ai jamais été, mais j’apprends vite. […] Je peux aussi apporter un regard différent sur la gouvernance, la saine gestion, les politiques publiques », soutient Martine Desjardins, qui découvre ses nouvelles fonctions graduellement depuis la semaine dernière.

Se retrouver à la tête de la FPJQ est pour elle aussi une surprise. En entrevue avec Le Devoir, elle raconte avoir été sollicitée directement par la Fédération juste avant les fêtes de fin d’année alors qu’elle était encore directrice générale du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ). « Je n’étais pas du tout en processus de changement d’emploi, mais j’ai décidé d’envoyer mon CV et de passer une entrevue, juste pour voir, confie-t-elle. Finalement, l’équipe m’a plu, les objectifs de la FPJQ me rejoignent et les défis à relever sont stimulants. J’ai décidé de faire le saut. »

Bien qu’elle n’ait pas évolué dans le milieu journalistique — contrairement à tous ses prédécesseurs —, Martine Desjardins estime que son expérience à titre de directrice générale du MNQ ces cinq dernières années et comme présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) en 2012 est un atout pour la FPJQ, qui a besoin d’un coup de main pour redresser ses finances et instaurer une saine gestion. « Mes fonctions venaient avec la gestion d’un budget plus élevé que celui de la Fédération ainsi que la gestion d’une plus grande équipe. J’ai aussi très vite compris l’importance d’écouter ses membres pour bien les représenter », fait-elle valoir.

Rappelons qu’un rapport de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) avait soulevé des failles dans la gouvernance de la FPJQ, en août dernier, mentionnant même une « perte du lien de confiance entre le conseil d’administration et la direction générale ». Dans cette ambiance pour le moins tendue, l’ancienne directrice générale, Catherine Lafrance, a présenté sa démission quelques semaines plus tard et a quitté ses fonctions en octobre.

« Depuis, toute la permanence a changé, des membres du [conseil administratif] aussi. On va apprendre à travailler ensemble dans les prochaines semaines, mais déjà, ça se passe bien, je trouve l’équipe très ouverte et dynamique », dit Mme Desjardins, qui compte faire de sa priorité l’établissement de règles budgétaires claires afin de mener la Fédération dans « une situation enviable d’ici la fin de l’année ».

Connaissances du milieu

Elle indique également avoir une bonne connaissance des médias, qu’elle a acquise notamment dans ses collaborations comme commentatrice politique à LCN et à Télé-Québec, ainsi que comme chroniqueuse au micro du 98,5 FM et dans les pages du Journal de Montréal entre 2013 et 2014.

J’ai un grand respect et une grande admiration pour le métier de journaliste. La liberté de la presse et le droit du public à l’information sont pour moi des enjeux cruciaux dans une démocratie.

 

C’est aussi une grande consommatrice d’informations depuis son implication dans le mouvement étudiant en 2012. Elle est abonnée à plusieurs médias écrits, elle aime approfondir des sujets en visionnant des reportages télévisés et fait jouer la radio en permanence chez elle.

« J’ai un grand respect et une grande admiration pour le métier de journaliste. La liberté de la presse et le droit du public à l’information sont pour moi des enjeux cruciaux dans une démocratie », poursuit-elle.

De son côté, le président de la FPJQ, Michaël Nguyen, tient à rassurer les membres inquiets par les anciennes implications politiques de Martine Desjardins, qui a été candidate pour le PQ dans Groulx en 2014. « Je reste le porte-parole de la Fédération, dit-il. Même si la directrice générale contribue aux prises de position, cela reste du ressort du conseil administratif. »

« [Martine Desjardins] a une expérience fine de comment fonctionne un OBNL. Elle a aussi les connaissances nécessaires et l’expérience pour défendre la FPJQ auprès des acteurs politiques ou en commissions parlementaires. Je n’ai aucune inquiétude », souligne le président.

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