Les radiodiffuseurs n'iront pas au bâton pour CHOI-FM

L'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) ne se mouillera pour CHOI-FM, malgré l'appel plutôt insistant qui lui a été lancé hier dans une lettre envoyée par le président de Genex Communication inc, propriétaire de la controversée station de Québec.

«Historiquement, l'ACR s'est abstenue de prendre position, de façon à conserver une position neutre sur les enjeux où ses membres ont adopté des positions opposées», a déclaré hier, par voie de communiqué, le président de l'association, Glenn O'Farrell. Celui-ci souligne que ses membres ont pris des positions diamétralement opposées quant à la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de retirer CHOI-FM des ondes.

De façon assez laconique, M. O'Farrell a déploré dans le communiqué que les «circonstances» aient mené le CRTC à «la conclusion que la seule option était de révoquer une licence de radiodiffusion».

Puisque l'ACR a répondu négativement à son ultimatum, Genex Communications a annoncé qu'elle démissionnait de l'organisme pour «se concentrer sur les vrais combats». «Si notre association ne prend pas la peine de nous défendre, cela ne vaut pas la peine qu'on y soit», a déclaré en fin de journée hier le président de l'entreprise, Patrice Demers.

Contestation judiciaire

Outre l'appui moral de l'association, Genex Communications espérait que l'ACR l'aide à acquitter les coûts de la contestation judiciaire de la décision du CRTC devant la Cour d'appel fédérale et lui accorde un soutien technique, grâce à son expertise.

«Même si on gagne la cause en Cour d'appel fédérale, elle risque de se ramasser en Cour suprême. On peut facilement penser à plusieurs centaines de milliers de dollars d'honoraires. C'est un peu injuste que ce soit un petit radiodiffuseur de Québec qui ait à se battre contre le gouvernement», a dit M. Demers.

Dans sa lettre envoyée à l'ACR, M. Demers soutenait que le «refus catégorique et injustifié d'aider Genex dans sa démarche constitue une omission grossière et délibérée de remplir votre mission, soit celle de défendre et promouvoir les intérêts de tous ses membres et d'aider à accroître leurs profits. L'ACR refuse-t-elle de défendre les intérêts de Genex étant donné que cette dernière est un petit radiodiffuseur local?»

Genex planche actuellement avec ses avocats sur la requête en permission d'appel qu'elle doit déposer au début août auprès de la Cour d'appel fédérale. «On doit démontrer à la cour qu'il y a une raison évidente pour elle d'entendre la cause et de revoir la totalité de la décision du CRTC. Comme cela se fait par écrit, on prend le temps requis pour bien analyser la décision et la jurisprudence en cause», précise M. Demers. Il est minuit moins une pour le radiodiffuseur, qui devrait normalement quitter les ondes de Québec le 31 août si la cour refuse d'entendre son appel.

Outre les démarches judiciaires, le radiodiffuseur compte sur les pressions populaires exercées par certains de ses centaines de milliers d'auditeurs qui ont inondé de courriels les politiciens fédéraux et le CRTC.

L'entreprise compte également tenter une approche auprès du nouveau ministre du Patrimoine, qui devrait être nommé aujourd'hui, pour que le conseil des ministres renverse la décision rendue publique par le CRTC le 13 juillet dernier.