Sombre portrait des stations de radio et de télévision

Les entreprises de diffusion les plus vulnérables sont les stations de la bande AM, les stations indépendantes et les stations de radio et de télévision privées dans les marchés de plus petite taille à travers le Canada.
Photo: iStock Les entreprises de diffusion les plus vulnérables sont les stations de la bande AM, les stations indépendantes et les stations de radio et de télévision privées dans les marchés de plus petite taille à travers le Canada.

L’avenir à court et moyen terme de la radiodiffusion et de la télédiffusion privées au Canada s’annonce extrêmement sombre s’il faut croire les conclusions d’un rapport produit mercredi par l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Les prévisions du regroupement indiquent qu’il est possible que 50 stations de radio ferment leurs portes d’ici les quatre à six prochains mois et que 150 autres en fassent autant dans les 18 prochains mois. Ces fermetures pourraient entraîner environ 2000 pertes d’emplois, soit 24 % des niveaux d’emploi en 2019.

Le rapport ajoute qu’au moins 40 des 94 stations de télévision privées locales du Canada cesseront leurs activités dans les 12 à 36 prochains mois.

Les entreprises de diffusion les plus vulnérables sont les stations de la bande AM, les stations indépendantes et des stations de radio et de télévision privées dans les marchés de plus petite taille à travers le Canada.

Lenore Gibson, présidente du conseil d’administration de l’ACR, signale qu’un tel effondrement privera de nombreuses communautés d’une voix médiatique quotidienne à l’échelle locale. De plus, la diversité des choix et des sources de nouvelles sera réduite de beaucoup dans presque chaque communauté du Canada.

2000
C’est le nombre estimé des pertes d’emplois que pourraient entraîner les fermetures de stations de radio d’ici les 18 prochains mois.

Le rapport explique la difficulté croissante des diffuseurs à rester en vie par les changements structurels du marché de la publicité et par les politiques de taxation et le régime réglementaire jugés inéquitablement en faveur des géants des médias en ligne de propriété étrangère. Ces facteurs ont mené directement à la crise financière que traversent les stations de radio et de télévision privées locales, lesquelles comptent presque uniquement sur les revenus publicitaires.

La dégringolade de l’économie pendant la crise de la COVID-19 a accéléré l’érosion économique du secteur. Les services locaux de radio et de télévision du Canada font maintenant face à une chue des recettes d’un total de plus d’un milliard de dollars pour la période de 2020 à 2022, d’après le rapport.

L’Association canadienne des radiodiffuseurs a présenté le 13 juillet dernier une demande au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour obtenir des mesures d’allègement réglementaire d’urgence pour l’année de radiodiffusion se terminant le 31 août prochain.

Pour aider à éviter la fermeture de stations, les radiodiffuseurs privés préconisent l’allègement réglementaire à court terme et l’adoption de nouvelles mesures gouvernementales pour créer un avenir davantage équitable et durable pour la radiodiffusion locale.

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