De nombreux médias doivent licencier à cause de la pandémie

En France, TF1 a placé un tiers de ses effectifs en chômage partiel en avril.
Photo: Kenzo Tribouillard Agence France-Presse En France, TF1 a placé un tiers de ses effectifs en chômage partiel en avril.

Les licenciements, les mesures de chômage partiel et les baisses de salaire des dirigeants se sont multipliés dans les médias avec la crise du coronavirus, malgré un fort intérêt des lecteurs pour l’information, et partout dans le monde l’effondrement du marché publicitaire pèse.

En France, de nombreux titres (Le Parisien, La Nouvelle République du Centre-Ouest) ont placé des salariés en chômage partiel, notamment dans les services dont l’actualité a été réduite par la pandémie. Les médias sportifs comme L’Équipe y ont aussi eu largement recours, après l’interruption des compétitions. Le quotidien Paris-Normandie, déjà en difficulté, a été placé en liquidation judiciaire.

Au Royaume-Uni, le magazine The Economist a annoncé qu’il va licencier 90 employés dans les fonctions de soutien. Le Guardian a aussi placé une centaine de salariés en chômage partiel.

En Italie, les employés de la grande agence de presse ANSA se sont mis en grève pendant 48 heures pour protester contre un plan d’urgence qui « fait payer les rédacteurs pour atteindre l’équilibre », selon eux.

Aux États-Unis, le groupe Conde Nast (Vogue, Wired ou le New Yorker) a annoncé le licenciement d’une centaine de salariés sur 6000. Le magazine Fortune a licencié 35 personnes, soit un dixième de ses équipes, et réduit de 30 % le salaire de ses dirigeants.

Depuis le début de la crise, plus de 36 000 employés des médias d’information américains, aux effectifs déjà resserrés ces dernières années, ont été touchés par des réductions de coûts, selon une analyse du New York Times.

À travers le pays, une quarantaine de publications locales ont annoncé un total d’au moins 373 licenciements, selon une liste mise à jour par le site Poynter.

Le groupe propriétaire du Los Angeles Times, principal quotidien de la ville, qui « a perdu plus d’un tiers de ses revenus publicitaires et s’attend à en perdre plus de la moitié dans les mois à venir », a mis en disponibilité une quarantaine d’employés parmi les fonctions de soutien, selon des lettres internes consultées par le New York Times.

L’information en ligne ne se porte pas mieux, avec 300 emplois perdus aux États-Unis, selon le décompte de Poynter.

Le groupe Vice Media va licencier 55 personnes aux États-Unis et 100 à l’international, selon une note envoyée par la directrice du groupe aux employés, révélée par les médias américains.

Le site d’information et de divertissement Buzzfeed, qui a annoncé dès la fin de mars des réductions de salaire, de 5 à 25 % en fonction du niveau de revenus, va également mettre fin à la couverture de l’actualité au Royaume-Uni et en Australie. Pour certains, la crise est l’occasion d’accélérer la transition vers un modèle économique par abonnement, plus stable.

L’audiovisuel a également eu recours au chômage partiel. Aux États-Unis, NBCUniversal a diminué de 20 % les plus hauts salaires, selon le Wall Street Journal.

En France, TF1 a placé un tiers de ses effectifs en chômage partiel en avril. BFMTV/RMC vient d’annoncer un plan social qui vise notamment à diviser par deux le recours aux intermittents, aux pigistes et aux consultants.