La FPJQ met en place une cellule de crise

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Photo: iStock La cellule de crise de la FPJQ sera une espèce de guichet unique qui permettra d’avoir le portrait le plus juste de la difficile situation des médias, déjà qualifiés de «services essentiels» par le premier ministre Legault.

Au moment où les emplois continuent de disparaître dans les médias ébranlés par les conséquences de la COVID-19 et que le travail de la presse est parfois devenu plus complexe en temps de crise, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a mis sur pied une cellule de crise pour recenser les problèmes et réfléchir à des solutions rapides.

Au bureau de la FPJQ, la directrice générale, Catherine Lafrance, dit qu’elle reçoit depuis le début de la crise de nombreux appels et courriels de membres qui vivent des soucis, économiques, journalistiques ou même sanitaires.

« Il y a toutes sortes de problèmes, vécus par toutes sortes de journalistes, dans toutes sortes de médias, dans toutes les régions du Québec, résume Mme Lafrance. Comme un employé dans une salle de rédaction qui n’est pas sûr que les patrons prennent les bonnes mesures pour le protéger. Ou des problèmes d’accès à l’information liés à la crise, comme un maire qui ne permet plus les périodes de questions. Ça s’est multiplié et il faut faire quelque chose. »

La cellule de crise de la FPJQ sera une espèce de guichet unique qui permettra d’avoir le portrait le plus juste de la difficile situation des médias, déjà qualifiés de « services essentiels » par le premier ministre Legault. « Il faut récolter toutes ces informations-là, faire un portrait, et faire les démarches qui devront être faites, explique Mme Lafrance. On ne sait pas encore ce qu’elles seront, ça va dépendre de l’ampleur des problèmes vécus, mais on peut faire du lobbying, des représentations publiques. On a déjà des canaux, des recours. »

Ces potentielles actions seraient prises « à très court terme », ajoute la directrice générale de la FPJQ. Les actions se feront « au fur et à mesure. C’est un petit comité, une structure légère, flexible, qui agit dans l’urgence. »

Cette cellule de crise est composée de Geneviève Rossier, éditrice et directrice générale à La Presse canadienne, de Gabrielle Brassard-Lecours, présidente de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), de Sylvain Poisson, directeur général d’Hebdos Québec, de Martin Bougie, directeur général de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec, d’André Gagné, administrateur à la FPJQ, ainsi que de Catherine Lafrance.

Il y a toutes sortes de problèmes, vécus par toutes sortes de journalistes, dans toutes sortes de médias, dans toutes les régions du Québec

Les Canadiens pour une aide

Le geste de la FPJQ arrive au moment où un sondage de la firme Nanos, réalisé pour l’organisme Les Amis de la radiodiffusion et publié lundi, montre que près de sept Canadiens sur dix appuient (26 %) ou appuient en partie (41 %) l’octroi d’aide financière fédérale aux « fournisseurs de nouvelles en difficulté » pour éviter que ceux-ci ne ferment leur porte. Le coup de sonde a été fait au téléphone et en ligne auprès de 1 036 personnes dans le cadre d’une enquête omnibus. La marge d’erreur de ce sondage est de plus ou moins 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

« Beaucoup des organes de presse les plus importants au pays sont confrontés à une fermeture imminente, même avec les crédits d’impôt et les subventions salariales proposés par le gouvernement, a affirmé Daniel Bernhard, directeur général des Amis, dans un communiqué. Il s’agit d’une urgence extrême, et la population veut qu’Ottawa intervienne rapidement pour empêcher l’extinction massive de ces institutions dignes de confiance. »

Pour éviter que les journalistes reçoivent de l’argent directement « des gouvernements qui font l’objet de leurs reportages », Les Amis proposent un fonds de stabilisation d’urgence pour le journalisme, qui transiterait par la CBC. Le diffuseur public « se servirait de ce fonds pour payer les médias privés afin que ceux-ci produisent des nouvelles et de l’information de manière indépendante. Ces informations pourraient alors être utilisées par toute organisation médiatique, y compris celle ayant produit lesdites informations. »