Le «Métro» et le «24 Heures» se partagent le terrain

Les quotidiens 24 Heures et Métro seront distribués dans 160 présentoirs du métro.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les quotidiens 24 Heures et Métro seront distribués dans 160 présentoirs du métro.

Depuis lundi, le quotidien gratuit de Québecor 24 Heures côtoie le journal Métro dans le réseau du métro de Montréal. Préférant mettre son argent « dans sa mission journalistique », Métro a demandé à la Société de transport de Montréal (STM) de résilier son contrat de distribution exclusive un an avant son échéance.

Le quotidien Métro avait signé le 1er février 2016 un contrat d’exclusivité de cinq ans avec la STM, ce qui forçait son compétiteur 24 Heures à être distribué à l’extérieur des murs du réseau, par des camelots.

« Le coût de l’exclusivité dans les métros venait directement nuire à mon habileté à maintenir une salle de rédaction, alors on a demandé le soutien » de la STM, a expliqué au Devoir Andrew Mulé, vice-président et directeur général de Métro Média, propriétaire de Métro. Ce dernier n’a pas voulu dévoiler le montant économisé, mais « c’était assez important pour avoir une influence majeure sur [sa] salle de rédaction ».

« Le 24 Heures entre au chaud dans toutes les stations de métro », s’est d’ailleurs réjoui l’autre quotidien gratuit dans ses propres pages. Une note écrite par la vice-présidente principale des journaux de Québecor, Lyne Robitaille, précise dans sa missive que le 24 Heures sera donc « disponible à l’intérieur des stations de métro dans plus de 160 nouveaux présentoirs. Il sera donc plus facile de mettre la main sur votre exemplaire du jour, peu importe l’heure à laquelle vous prenez le transport en commun ».

En réponse à nos questions, l’entreprise nous a dirigé vers ce mot de la direction. Le quotidien y dit prévoir « du contenu spécial lié au métro de Montréal ».

Le porte-parole de la STM, Philippe Déry, a confirmé que deux nouvelles ententes avaient donc été ratifiées et qu’elles ont pris effet le 3 février. Les contrats sont valides jusqu’au 31 mars 2022.

« Plus de choix »

« Les ententes prévoient qu’il y ait une présence équitable dans les présentoirs du métro, note M. Déry. Ce que la STM souhaitait pour ses clients, c’est un gain intéressant. Ils vont avoir plus de choix dans leurs lectures matinales. » Le porte-parole ajoute que, si « les nouvelles ententes sont moins avantageuses pour la STM du point de vue des liquidités », elles sont néanmoins gagnantes en « valeur médias ».

Les contrats prévoient que les journaux 24 Heures et Métro devront offrir tous les deux des espaces de visibilité pour la STM, dont la page Info STM que les lecteurs sont habitués de voir. Les deux quotidiens gratuits continueront aussi de faire appel à des camelots le matin à la sortie des 68 stations du réseau et ailleurs en ville.

« Dans un climat difficile pour les médias écrits, ça nous donne un gros coup de main, estime Andrew Mulé, du journal Métro, qui ne s’inquiète pas de voir son compétiteur lui souffler dans le cou. Donner le choix aux lecteurs, c’est naturel, on le fait tous dans les médias. Et en étant côte à côte, on va laisser les lecteurs choisir. Ça nous plaît, ça plaît à la STM aussi. »

M. Mulé souligne par ailleurs que « l’évolution de la technologie a eu un grand impact sur cette exclusivité » de la distribution. Comme les stations du métro sont pour la plupart connectées au réseau LTE, les voyageurs ne sont maintenant plus captifs d’un quotidien papier et peuvent s’informer sur la plateforme de leur choix, sur un appareil mobile.

Philippe Déry, de la STM, précise d’ailleurs qu’il sera possible d’avoir accès à Internet dans toutes les stations et dans les tunnels du réseau du métro d’ici la fin de 2020.