Appuis à un retrait de la publicité à Radio-Canada

En plus d'un retrait des publicités, le rapport Yale préconise que le diffuseur public adopte des contenus plus créatifs et diversifiés.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne En plus d'un retrait des publicités, le rapport Yale préconise que le diffuseur public adopte des contenus plus créatifs et diversifiés.

Les recommandations du rapport Yale sur CBC / Radio-Canada, qui proposent un diffuseur public sans publicités et qui adopte des contenus plus créatifs et diversifiés, ont obtenu des échos favorables de plusieurs observateurs, mercredi.

Le document intitulé Le temps d’agir propose que Radio-Canada abandonne « graduellement la publicité de tous ses supports de diffusion au cours des cinq prochaines années, en commençant par les contenus de nouvelles ».

Du même souffle, le rapport propose aussi que le fédéral prenne « des engagements de financement d’au moins cinq ans » envers le diffuseur public, en tenant compte notamment de son « mandat actualisé » et de l’inflation.

En ce sens, le document propose également d’ajouter au mandat du diffuseur « de prendre des risques créatifs », mais aussi de viser plus les enjeux locaux, de refléter les cultures et les langues autochtones et de présenter du contenu canadien à des auditoires internationaux.

Le Parti conservateur du Canada a accueilli « favorablement » ces recommandations. « L’idée de recentrer le [mandat] de Radio-Canada tout en reconnaissant son rôle de diffuseur public est constructive », a noté Steven Blaney, critique de l’opposition officielle en matière de patrimoine. Radio-Canada s’est contentée de dire qu’elle collaborerait avec le gouvernement.

Le groupe citoyen Les Amis de la radiodiffusion s’est réjoui des réflexions sur le financement du diffuseur public. « Avoir un joueur qui n’existe pas pour offrir des spectateurs aux annonceurs, mais pour livrer la démocratie aux citoyens, c’est tellement important », explique Daniel Bernhard, porte-parole du groupe, qui estime qu’un budget qui serait établi pour cinq ans jouerait aussi beaucoup sur l’indépendance du diffuseur.

L’ancien directeur général de l’information à Radio-Canada Alain Saulnier voit dans le rapport Yale « un véritable plaidoyer pour le service public », un geste pas banal à une période « où, dans plusieurs pays occidentaux, on remet en doute la pertinence » de ceux-ci.

M. Saulnier, professeur invité au Département de communications de l’Université de Montréal, juge que « la quête de recettes publicitaires et de revenus commerciaux [y] est tellement immense qu’on perd de vue le mandat », estime-t-il, plaidant pour « plus d’audace, plus de créativité » à Radio-Canada.

Le groupe d’experts recommande par ailleurs que le CRTC ait un nouveau rôle à jouer pour Radio-Canada, et que l’organisme s’occupe « de surveiller toutes ses activités liées au contenu, plutôt que d’accorder des licences à des services individuels de CBC / Radio-Canada. »