Un merveilleux combat

En ce 110e anniversaire, l’équipe du «Devoir» se joint à moi pour vous dire merci, du fond du coeur, de nous lire et de nous soutenir.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir En ce 110e anniversaire, l’équipe du «Devoir» se joint à moi pour vous dire merci, du fond du coeur, de nous lire et de nous soutenir.

Il y a 110 ans aujourd’hui, Le Devoir publiait sa première édition. Pour souligner l’occasion, nous avons reproduit la une d’antan avec les nouvelles du jour.

Depuis ses origines, Le Devoir n’a jamais su s’il était un journal ou un projet de société. Un peu les deux. Notre fondateur, Henri Bourassa, entrevoyait le journal comme un moyen de « réveiller le sentiment du devoir public » dans la population, tel qu’il l’explique dans son premier éditorial (« Avant le combat »).

Sans prétendre à la perfection, les artisans passés et présents du Devoir ont fait honneur à cette exigeante tradition d’excellence. Ils ont témoigné des espoirs, des angoisses et des contradictions de la société québécoise avec la double conviction de fabriquer un journal de qualité et de porter une cause unique.

Le Devoir est un journal « pas comme les autres », car il s’est toujours défini comme une partie prenante de cette merveilleuse aventure qu’est celle de la continuité d’une nation francophone en terre d’Amérique, une nation singulière par sa langue, sa culture, ses institutions, son identité.

Que valent bien tous ses mots ? De crises en révolutions numériques, le passage du temps s’est avéré impitoyable pour bien des médias. Le Devoir se serait effacé de la mémoire collective sans l’apport précieux de sa communauté naturelle : lecteurs et lectrices, donateurs et donatrices, bénévoles et membres des conseils d’administration du Devoir Inc. et des Amis du Devoir.

En ce 110e anniversaire, l’équipe du Devoir se joint à moi pour vous dire merci, du fond du coeur, de nous lire et de nous soutenir. Et merci de communiquer à votre entourage l’appétit pour nos contenus, car nous savons que Le Devoir est une histoire de filiation intellectuelle.

Les lecteurs n’arrivent pas au hasard dans nos pages et nos plateformes. La plupart du temps, ils sont initiés à notre univers par un parent proche ou un professeur estimé. S’il est un cadeau qui nous ferait plaisir en ce jour de fête, c’est que vous partagiez à votre tour cette passion du Devoir aux générations futures, si ce n’est pas déjà fait.

 
 
 

L’année 2020 s’annonce prometteuse pour Le Devoir, résultat d’un contrôle serré des dépenses, de la progression constante des revenus d’abonnements numériques, de la stabilisation des revenus publicitaires et de l’adoption des mesures de soutien fiscal aux médias qui nous propulsent vers l’avant.

Nous utiliserons cette marge de manoeuvre pour bonifier l’offre et la diversité des contenus imprimés et numériques, dans un effort stratégique pour augmenter notre lectorat. Le journalisme international (grâce au soutien de Transat), l’enquête et la recherche de solutions aux problèmes contemporains feront notamment partie de nos nouveaux champs de préoccupation, mais il y en aura bien d’autres !

Comme l’ensemble des médias, Le Devoir n’échappe pas à la transformation des modèles d’affaires et des habitudes de consommation de l’information. À ce chapitre, le combat pour la survie est permanent.

Nous croyons en nos chances de succès, car il repose sur ce que nous avons de plus précieux : une relation de confiance durable avec les lecteurs québécois. Notre essor repose sur les revenus d’abonnement à nos éditions imprimées et numériques et sur notre détermination à demeurer un projet d’engagement civique et d’avancement de l’intérêt public.

Au cours des prochaines années, nos efforts viseront à renforcer ces valeurs et à accroître la communauté d’intérêts du Devoir.

Notre engagement est de nous surpasser afin que Le Devoir demeure pour vous un média de référence. Un média libre, indépendant et audacieux.


Une pleine page de textes sur sept colonnes, aucune photo, et une édition qui coûtait un sou, « dans tous les dépôts ». La toute première édition du «Devoir», le 10 janvier 1910, peut sembler bien austère selon nos critères actuels. Mais son directeur, le journaliste et politicien Henri Bourassa, faisait preuve de confiance et de dynamisme : pour la distribution, il avait organisé une série de points de vente. Ainsi, on pouvait trouver «Le Devoir», nous dit-il en une, « chez M. Onésime Duval et dans sept ou huit autres dépôts à Trois-Rivières », alors qu’un certain M. Pouliot de la rue Laliberté « est notre fermier de circulation à Québec ». On y apprend aussi que l’affaire Dussault-Turgeon, maintenant tombée dans l’oubli, était « la grosse nouvelle du jour ». Curieusement, la nouvelle du jour était plutôt placée en bas de page à l’époque… Présentation austère peut-être, mais les textes n’étaient pas dénués d’humour. Ainsi, le journaliste Jules Fournier rendait hommage à son encrier dans son premier billet. Et pour parler des élections municipales à Québec, la rubrique La vie québécoise mentionnait d’emblée que « les gens de Montréal disent volontiers que nous sommes une ville paisible : ils disent même : endormie » !