Desjardins participera au sauvetage de Groupe Capitales Médias

Desjardins a confirmé lundi avoir envoyé des offres conditionnelles aux coopératives engagées dans la relance de Groupe Capitales Médias.
Photo: iStock Desjardins a confirmé lundi avoir envoyé des offres conditionnelles aux coopératives engagées dans la relance de Groupe Capitales Médias.

Le Mouvement Desjardins a finalement choisi de participer au sauvetage de Groupe Capitales Médias (GCM), dont le plan de relance a été approuvé majoritairement lundi, lors d’une assemblée des créanciers.

Ces derniers ont accepté, à 99 %, un plan de 21 millions de dollars pour la conversion des journaux en coopératives. La proposition doit être homologuée par un juge de la Cour supérieure mercredi.

Desjardins avait mis en péril le financement du plan d’affaires des coopératives en annonçant son désistement du projet, le 19 novembre. Le Fonds de solidarité FTQ avait en effet dit reconsidérer sa participation dans le plan de relance.

Or la présentation d’un plan d’affaires bonifié et la possibilité que Québec injecte de nouveaux fonds, comme l’a évoqué le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, ont poussé Desjardins à reconsidérer sa décision. La migration de la restructuration de GCM, sous l’égide de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (et non plus la Loi sur la faillite et l’insolvabilité), a aussi donné accès aux crédits d’impôt de 5 à 7 millions qui sont dus à GCM pour l’année 2019.

Lundi, au terme de discussions qui auraient duré « jusqu’au petit matin », selon des sources proches du dossier, Desjardins a confirmé avoir envoyé des offres conditionnelles aux coopératives engagées dans la relance de GCM. Selon nos informations, Desjardins aurait demandé des vérifications diligentes, qui n’ont toujours pas été commencées.

« Nous ne ferons pas d’autres commentaires à ce stade-ci et poursuivrons en privé les analyses avec les coops et nos partenaires de financement », a fait savoir le porte-parole Richard Lacasse.

Les retraités éclipsés ?

Les retraités des six quotidiens qui ont été regroupés pour former GCM ont par ailleurs annoncé leur souhait d’être représentés devant le tribunal mercredi, lors de l’homologation prévue du plan d’arrangement.

« On veut garder tous nos droits de recours […], que ce soit contre Power Corporation, contre [l’ex-propriétaire de GCM] Martin Cauchon, contre la CSN, contre les centrales syndicales ou contre les comités de retraite », a expliqué le porte-parole des retraités du Soleil, Pierre Pelchat.

Les retraités, qui risquent de perdre le tiers de leurs prestations de retraite dans cette affaire, craignent d’« être dépouillés de tous [leurs] droits », a-t-il ajouté. « Nous, ce qu’on comprend [du plan d’arrangement], c’est qu’on nous enlève des droits, des droits de poursuite », a déclaré Pierre Pelchat.

Les employés retraités, qui ont autrement appuyé les projets de coopératives, ont par ailleurs commencé à déposer des plaintes à titre individuel contre la CSN. « Les gens considèrent qu’ils ont été mal représentés », a affirmé Pierre Pelchat.

Ils reprochent à la centrale syndicale d’avoir négligé leurs droits lors des négociations visant à former les coopératives. Ils ont porté plainte en vertu de l’article 47.2 du Code du travail, qui prévoit qu’une association accréditée ne doive pas agir « de manière arbitraire », ni « faire preuve de négligence à l’endroit des salariés compris dans une unité de négociation qu’elle représente, peu importe qu’ils soient ses membres ou non ».