François Legault «ouvert» à protéger les retraités d’entreprises en faillite

Les retraités des quotidiens de GCM manifestent devant les bureaux de Power Corporation à Montréal.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les retraités des quotidiens de GCM manifestent devant les bureaux de Power Corporation à Montréal.

De la Californie, d’où il a suivi les manifestations des retraités du Groupe Capitales Médias (GCM), le premier ministre François Legault s’est dit mercredi « peut-être ouvert » à instaurer au Québec un mécanisme qui puisse garantir le paiement de certaines prestations à des retraités dont l’ex-employeur s'est placé sous la protection de la loi sur la faillite.

Les retraités des quotidiens régionaux de GCM ont convergé vers Montréal mercredi pour manifester devant les bureaux de Power Corporation. Ils risquent de perdre 30 % de leurs prestations de retraite dans la faillite du groupe de presse.

Se disant « trahis », ils ont demandé à Power Corporation de reconsidérer sa décision de ne pas prendre à sa charge les fonds des employés retraités de GCM.

Ils ont aussi interpellé le premier ministre afin qu’il légifère en s’inspirant de l’Ontario. Là-bas, le Fonds de garantie des prestations de retraite protège les employés ayant cotisé à un régime de retraite à prestations déterminées en leur garantissant des versements mensuels pouvant atteindre 1500 $ par mois en cas de faillite de leur employeur.

« On peut être ouverts à regarder ça », a répondu François Legault lorsque Le Devoir lui a soumis la suggestion des retraités de GCM. « Mais il reste que ce serait encore un peu s’ingérer dans une entreprise privée », a-t-il ajouté.

« Je ne suis pas fermé à l’idée de le regarder pour l’ensemble des entreprises », a-t-il poursuivi. « Est-ce qu’on peut en faire plus pour protéger les fonds de pension des employés ? Je ne suis pas fermé à l’idée. »

Manifestation

Au même moment, des retraités du Soleil et du Quotidien rentraient à la maison, après un aller-retour Québec-Montréal. Ils ont été environ 200 à manifester devant les bureaux de Power Corporation, où les avaient rejoints leurs collègues de La Tribune et de La Voix de l’Est.

Les retraités, qui avaient apporté une lettre à remettre aux hauts dirigeants de Power Corporation, se sont heurtés à des portes closes lorsqu’ils sont arrivés devant les bureaux de la société.

Faute de mieux, ils ont glissé leur missive sous la porte. « Il faut croire que c’est la seule ouverture qu’il y avait actuellement », a déclaré le président de l’Association des retraités syndiqués du Soleil, Robert Fleury.

Power Corporation assume la responsabilité des fonds de retraite des employés entrés à La Presse avant juillet 2018. Lorsqu’elle a cédé les six quotidiens de Gesca à GCM, en mars 2015, elle ne s’est cependant pas engagée à prendre à sa charge les fonds des employés retraités de GCM.

« Comme vous, nous entendons les préoccupations exprimées par les bénéficiaires des régimes de retraite des quotidiens régionaux. C’est une situation qui est malheureuse », a reconnu Stéphane Lemay, vice-président chez Power Corporation.

« Cela dit, il est important de souligner que même avant la transaction de 2015, Power Corporation n’a jamais eu aucune obligation légale, eu égard à ces régimes de retraite. La transaction de 2015 n’a pas modifié cette situation. »