Relance de GCM: Sylvie Lalande démissionne de CRC Desjardins

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a fait allusion à un conflit d'intérêts dans le dossier Groupe Capitales Médias, puisque Sylvie Lalande était présidente du C.A. de CRCD ainsi que présidente du C.A. de Groupe TVA.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, a fait allusion à un conflit d'intérêts dans le dossier Groupe Capitales Médias, puisque Sylvie Lalande était présidente du C.A. de CRCD ainsi que présidente du C.A. de Groupe TVA.

La dirigeante de Québecor Sylvie Lalande a démissionné mercredi de la présidence du conseil d’administration du fonds Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) pour entamer une bataille judiciaire contre le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. Celui-ci avait soulevé la semaine dernière une apparence de conflit d’intérêts puisque Mme Lalande cumulait également les rôles de présidente du Groupe TVA et de vice-présidente de Québecor.

« On ne peut pas mordre la main qui nous nourrit, alors je ne veux pas porter ombrage à Desjardins Capital, je ne veux pas porter ombrage à la mission de CRCD », a-t-elle affirmé en entrevue.

Le premier ministre, François Legault, avait laissé planer la menace la semaine dernière de réviser le crédit d’impôt sur le capital de risque dont profite Desjardins Capital s’il n’investissait pas dans la relance de Groupe Capitales Médias, actuellement en faillite. Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a lui récemment demandé au gouvernement de reconsidérer la proposition de son entreprise pour reprendre les six journaux régionaux.

Sylvie Lalande estime que son intégrité a été entachée par les propos du ministre Fitzgibbon à son sujet même si celui-ci a depuis reconnu qu’il n’y avait pas eu conflit d’intérêts. En effet, Desjardins Capital avait indiqué que le dossier de la relance coopérative de Groupe Capitales Médias n’avait jamais été soumis au conseil d’administration de CRCD.

« J’aurais aimé ça qu’il fasse cette vérification-là avant de semer le doute dans toute la population québécoise que moi, j’étais en conflit d’intérêts […] et non pas faussement insinuer que j’étais intervenue », a-t-elle souligné.

Après lui avoir envoyé une mise en demeure la semaine dernière, Mme Lalande dit n’avoir d’autre choix que d’entamer des poursuites judiciaires, « nécessaires au rétablissement » de sa réputation et pour réparer les dommages causés.

Les propos du ministre « largement diffusés » « sont susceptibles d’avoir contaminé la confiance essentielle à l’exercice » de ses responsabilités, a-t-elle écrit dans la lettre de démission adressée au président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier.

Elle soutient que « le refus de présenter ses excuses » de M. Fitzgibbon « entretient dans l’opinion publique le doute » à son endroit. La dirigeante de Québecor n’a pas voulu confirmer qu’elle avait récemment discuté avec le ministre Fitzgibbon, comme celui-ci l’avait affirmé la veille, « parce que le dossier est en voie d’être judiciarisé ».

M. Fitzgibbon a réagi à la démission de Mme Lalande de CRCD sur Twitter mercredi soir. « Je veux préciser que ni le premier ministre ni moi n’avons suggéré de retirer les crédits d’impôt aux fonds fiscalisés », a-t-il écrit en spécifiant qu’il était plutôt en discussion avec Desjardins Capital pour que le fonds CRCD puisse servir à appuyer le développement régional.

« Je suis désolé que l’impact de mes questions légitimes sur l’apparence de conflit d’intérêts de Mme Lalande ait pu lui porter offense, a-t-il conclu. Ce n’était pas mon intention. »