Groupe Capitales Médias: Legault réplique aux nouvelles critiques de Péladeau

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, François Legault

Après avoir essuyé des critiques de la part du patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, qui l’accuse de favoriser le projet de coopérative dans le dossier du Groupe Capitales Médias (GCM), le premier ministre François Legault a répliqué qu’il souhaite « avoir une diversité dans l’offre d’information » au Québec.

Lundi matin, de passage dans la région de Toronto pour une rencontre entre les premiers ministres des provinces et des territoires, François Legault a brièvement commenté le sujet.

« On sait que le groupe Québecor prend déjà beaucoup de place au Québec en information, a dit le premier ministre. Si on veut une diversité, il faut souhaiter que d’autres médias qui appartiennent à d’autres groupes puissent continuer à vivre, à survivre. »

M. Legault a dit comprendre que M. Péladeau « défende son entreprise ». « Le rêve de tout chef d’entreprise, c’est d’avoir le monopole. Moins on a de compétiteurs, plus on est content. »

Alors qu’on lui demandait si l’offre de Québecor avait été jugée au mérite, le chef caquiste s’est contenté de dire qu’il savait « que M. Péladeau souhaitait qu’on congédie plusieurs employés et qu’on ne respecte pas la convention collective ».

Dans une longue missive publiée dimanche sur sa page Facebook, M. Péladeau déplorait que Québec ait rejeté une offre de Québecor pour reprendre GCM. Selon lui, l’offre aurait permis à l’entreprise de presse en difficultés financières d’économiser 18 millions grâce à différentes économies d’échelle.

« Ainsi, Québecor ferait de cette activité un projet rentable plutôt qu’un canard boiteux nécessitant l’argent des contribuables que François Legault aura décidé de faire financer par l’ensemble des contribuables », a écrit M. Péladeau.

GCM regroupe six quotidiens ; Le Soleil, Le Quotidien, Le Nouvelliste, La Voix de l’Est, Le Droit et La Tribune.

Le projet de coopérative regroupe les syndiqués et les cadres des publications. Le fonds Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD) qui avait d’abord jugé trop risqué d’investir dans la relance avait annoncé mercredi dernier qu’il procéderait « avec rigueur et ouverture » à l’évaluation du dossier en raison de la présentation d’un plan d’affaires bonifié et d’une possible aide accrue de Québec. Richard Lacasse, le porte-parole médias de Desjardins capital — le gestionnaire du CRCD —, n’a pas voulu commenter l’avancement du dossier.

Avec Hélène Buzzetti