Groupe Capitales Médias a assez d’argent pour passer les Fêtes

<p>À la différence d’une faillite, une reprise du GCM par un modèle coopératif permettrait d’assurer « la continuité des six journaux régionaux ».</p>
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne

À la différence d’une faillite, une reprise du GCM par un modèle coopératif permettrait d’assurer « la continuité des six journaux régionaux ».

Groupe Capitales Médias (GCM) a décaissé cette semaine le dernier des cinq millions que lui avait prêtés Québec il y a trois mois, sous forme d’aide d’urgence. Ses quotidiens sont « bons pour se rendre jusqu’en janvier », mais d’ici là, le temps presse afin de terminer le processus de reprise du groupe de presse par des coopératives de travailleurs.

Au palais de justice de Québec, le syndic Christian Bourque a confirmé qu’il favorisait l’offre d’achat des coopératives des employés des six quotidiens de GCM, au détriment de la proposition de Métro Média.

Le juge Daniel Dumais, de la Cour supérieure, annoncera au plus tard vendredi s’il appuie cette avenue, auquel cas un processus encadré par un échéancier très serré sera mis en branle.

 
15 %
C'est le pourcentage des effectifs qui sera mis à pied chez GCM, « peu importe » le scénario qui l'attend.

D’ici le 18 décembre, les travailleurs et les créanciers devront accepter les conditions de la transformation de GCM en coopérative.

« Peu importe » le scénario qui attend GCM, la mise à pied de 15 % des effectifs et la terminaison des régimes de retraite des employés actuels et passés sont inévitables, ont résumé les représentants du groupe devant le tribunal.

À la différence d’une faillite, cependant, une reprise du GCM par un modèle coopératif permettrait d’assurer « la continuité des six journaux régionaux », à qui les lecteurs ont jusqu’ici consacré 150 000 $ en dons.

Malgré l’aide du public, GCM perd actuellement entre 150 000 et 200 000 $ par semaine en moyenne.

En revanche, les revenus du groupe de presse profitent d’un écart favorable de 3 millions de dollars par rapport à ce qui avait été prévu, en raison de revenus plus élevés et de dépenses moins importantes qu’anticipées.

Une transaction « plus simple »

Au mois d’août, Christian Bourque a été sélectionné afin d’entreprendre un processus de sollicitation ou de vente de GCM. Son équipe a ciblé 22 investisseurs potentiels. Dix d’entre eux ont consulté les chiffres de GCM et en fin de compte, deux offres — celle de la coopérative de travailleurs et celle de Métro Média — ont été déposées.

Tant le ministre de l’Économie que le syndic ont choisi d’appuyer l’offre du collectif des employés de GCM. Il s’agit là d’une transaction « plus simple à effectuer », qui laisse entrevoir des négociations « moindres », a noté le second dans un rapport qu’il a présenté au tribunal. « [Il y a la] question des crédits d’impôt aussi : c’est la même entité qui va pouvoir les réclamer et les percevoir », a-t-il ajouté. Christian Bourque espère aussi que la reprise de GCM par une coopérative, et non pas un tiers, rend plus « faciles » les négociations avec les employés.

« On est arrivés à la conclusion que c’est peut-être plus simple de faire une rénovation que de faire une démolition et une reconstruction », a-t-il illustré. Dans son rapport, il a inscrit un seul argument en défaveur du collectif des employés de GCM. « Acheteur inexpérimenté (risque d’échec). »

À l’inverse, bien qu’il ait reconnu « l’expérience » de Métro Média, il s’est inquiété de le voir mener une transaction « plus longue et plus complexe ».

Un financement de 15 millions

Le plan proposé par la coopérative de travailleurs requiert un financement de 15,8 millions, selon les documents remis par le syndic. Celui-ci est « obtenu ou en cours d’obtention », y lit-on.

Dans les faits, la participation financière de deux partenaires est compromise : le Mouvement Desjardins a annoncé son désistement du projet mardi et en effet, le Fonds de solidarité FTQ a dit reconsidérer sa participation.

« L’endroit où la transaction pourrait être en danger, c’est sur cet élément-là », a reconnu le procureur du syndic, Alain Tardif. « On va espérer que, dans les 30 jours qui nous restent, ils [les partenaires s’étant désistés] soient remplacés ; soit par une bonification [de la participation] des joueurs existants, soit par de nouveaux joueurs. »