La coop des employés de GCM officiellement sur les rangs

Groupe Capitales Médias a demandé le 19 août la protection des tribunaux contre ses créanciers.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Groupe Capitales Médias a demandé le 19 août la protection des tribunaux contre ses créanciers.

Dix jours après avoir lancé une ambitieuse campagne de financement, le projet de coopérative des employés de Groupe Capitales Médias (GCM) a annoncé jeudi avoir amassé « plus de 2 millions en engagements » dans leur tentative de racheter leur propre entreprise en difficulté majeure.

Pour les potentiels repreneurs de GCM, le délai pour déposer officiellement une lettre d’intention arrivait à échéance jeudi matin, sur le coup de 10 h. Au moment où ces lignes étaient écrites, le syndic PricewaterhouseCoopers, qui prend en charge la restructuration de la compagnie, n’était pas en mesure de préciser au Devoir le nombre de groupes intéressés. Les offres d’achat finales, quant à elles, devront être déposées avant le 25 octobre.

 
2 millions
C’est la somme approximative qu’a recueillie en « engagements » le projet de coopérative des employés de GCM, soit des dons volontaires ou des promesses de dons.

Groupe Capitales Médias a demandé le 19 août la protection des tribunaux contre ses créanciers. L’entreprise chapeaute Le Soleil (Québec), Le Droit(Gatineau, Ottawa), La Tribune (Sherbrooke), La Voix de l’Est (Granby), Le Nouvelliste (Trois-Rivières) et Le Quotidien (Saguenay).

Un projet qui se concrétise

Louis Tremblay, porte-parole du comité provisoire qui chapeaute les démarches de coopérative des travailleurs de GCM, a confirmé pour sa part qu’une lettre d’intention a bien été déposée. « On franchit toutes les étapes légales qui ont été imposées, a-t-il expliqué. On se conforme en tout point à la loi. » M. Tremblay, qui travaille comme journaliste au Quotidien, a toutefois refusé de commenter le contenu de leur lettre pour des raisons de confidentialité.

Le projet « Je coopère pour mon journal » a donc annoncé avoir recueilli « plus de 2 millions en engagements », soit des dons volontaires ou des promesses de dons. L’objectif du groupe de travailleurs de GCM était de 3 millions, soit un minimum de 500 000 $ par journal.

« Au Quotidien, on reçoit des chèques, des 20 $ ou des 30 $, des gens sont venus nous donner de l’argent comptant au journal, explique Louis Tremblay. Mais c’est pas toujours simple, par exemple il y a un gros syndicat qui me donnait 10 000 $ mercredi. Oui, l’engagement est là, mais il doit faire son assemblée générale pour pouvoir me le donner. On a deux colonnes : les engagements et la finalisation de l’engagement. Souvent, c’est une question d’un jour ou deux. »

Fait à noter, les différents syndicats des six publications ont décidé d’offrir une contribution de quelque 600 000 $ au total.

« L’ampleur que prend cette campagne nous porte à croire que le projet a toutes les chances de se concrétiser », a affirmé dans un communiqué Pascale St-Onge, présidente de la FNC-CSN. Le syndicat appuie le projet de coopérative et y participe.

Quant aux potentiels repreneurs ayant déjà montré de l’intérêt pour GCM, ils sont restés silencieux jeudi. Québecor a dit ne pas commenter « les dossiers de cette nature ». Le directeur du Devoir, Brian Myles, qui avait évoqué l’idée de venir en aide au Soleil, n’a pas souhaité faire de commentaire. Quant au vice-président de Métro Média, Andrew Mulé, il n’avait pas répondu à nos demandes.

Stéphane Lavallée, le directeur intérimaire de GCM, n’a pas non plus souhaité commenter le dossier.