Le magazine «Croc» renaît le temps d’un anniversaire

L’édition souvenir d’anniversaire de «Croc»
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L’édition souvenir d’anniversaire de «Croc»

Le Québec va pouvoir se remettre à rire. Le magazine humoristique Croc, qui avait fermé ses portes en 1995, ressuscite en version papier seulement, le temps de célébrer son 40e anniversaire.

Cette édition souvenir, disponible vendredi, est composée pour moitié de nouvelles chroniques et pour moitié d’une sélection des meilleurs moments. Plusieurs anciens collaborateurs, et non des moindres, ravis de pouvoir aiguiser de nouveau leur plume à l’humour absurde, font partie des deux catégories.

C’est le cas de Guy A. Lepage, qui signe le compte rendu d’un accident après lequel trois téléphones sont des « pertes totales ». Ou encore de Stéphane Laporte, qui conclut une chronique en parodiant la devise de Croc, « C’est pas parce qu’on rit que c’est drôle ! », en la transformant en « C’est pas parce qu’on frit que c’est drôle ! ». Jacques Grisé, autrefois de Paul et Paul, signe un billet, « Trump veut acheter le Québec », et Red Ketchup revient dans Plus blanc que blanc, en mission aux États-Unis. Sylvie Desrosiers est également des deux éditions, en Éva Partout.

Émouvante renaissance

Hélène Fleury, fondatrice de Croc en 1979 avec son défunt conjoint Jacques Hurtubise, et marraine de la présente édition, se disait « fière comme une mère de famille » jeudi, alors que Croc renaissait de ses cendres.

Cette édition souvenir a été produite sous la tutelle de Québecor, alors qu’à l’époque Croc était publié par la boîte indépendante fondée par Hélène Fleury et Jacques Hurtubise. Cela n’a pas, pour l’instant, empêché l’équipe de se moquer de la coupe de cheveux de Pierre Karl Péladeau ou du couple de chroniqueurs Martineau-Durocher.

C’est au moment de la montée du coût du papier, et parce qu’ils ont perdu beaucoup d’argent dans un autre projet — celui de la revue Maximum —, qu’Hélène Fleury et Jacques Hurtubise ont dû cesser de publier la populaire revue d’humour.

1995
C’est l’année où le magazine Croc a été contraint de fermer ses portes.

Aujourd’hui, Hélène Fleury rêve de publier de nouveau quelques numéros de Croc par année. Et son équipe de collaborateurs semble ne pas demander mieux.

Pour l’édition du 40e anniversaire, de nouvelles recrues ont joint leur signature à Croc.

Hélène Fleury cite notamment le comédien et auteur Guillaume Lambert, l’humoriste Arianne Maynard-Turcotte et l’auteur de bandes dessinées Michel Rabagliati, qui livre d’ailleurs ici un Paul chez Croc.

« L’équipe a tenu à recruter des jeunes, parce que le magazine Croc a toujours voulu s’adresser à tout le monde », dit Hélène Fleury.

Mais le plat de consistance de cet anniversaire est sans doute le Who’s who 2019, où on parle de politique québécoise, de politique canadienne et internationale, de culture, de sports, de transports, etc.

À l’époque, le credo de Croc était de faire « du mauvais goût de bon ton », dit Hélène Fleury.

Si les susceptibilités sont peut-être plus vives qu’avant, reconnaît-elle, les gens de Croc s’estiment toujours libres de dire ce qu’ils veulent sans que le public grimpe aux barricades. « C’est jamais en bas de la ceinture », dit Hélène Fleury. À moins que le fan club de Maxime Bernier ou que le couple Martineau-Durocher, qui fait l’objet d’un photo-roman, aient complètement perdu la faculté de rire d’eux-mêmes.