Les intéressés à Capitales Médias devront être précis pour acheter le groupe

Les intéressés à Groupe Capitales Médias (GCM) devront mettre certaines de leurs cartes sur la table s’ils déposent une offre visant à acquérir une partie ou l’ensemble du groupe de presse à l’abri de ses créanciers depuis le mois d’août.


Selon les modalités du processus de sollicitation et d’investissement, qui s’est officiellement mis en branle lundi, chaque acquéreur potentiel devra notamment ouvrir son jeu en matière de maintien des emplois.


« L’offre indique le nombre d’emplois qui seront vraisemblablement maintenus si la transaction envisagée par l’offre est mise en oeuvre, de même que le traitement envisagé des accréditations syndicales », peut-on lire dans le document préparé par le syndic PricewaterhouseCoopers récemment publié en ligne.


Cette présentation brosse également un portrait de chacune des propriétés de GCM, qui compte quelque 350 employés permanents et publie les quotidiens régionaux Le Soleil, La Tribune, La Voix de l’Est, Le Droit, Le Nouvelliste et Le Quotidien.


On y retrouve notamment des informations entourant le lectorat et des visites hebdomadaires sur les différentes plateformes de tous les quotidiens, la répartition et l’évolution de leurs revenus pour l’année en cours ainsi que des détails sur les différents baux.


La section entourant le dépôt des offres exige également que tous les intéressés incluent dans leur proposition un « énoncé d’au plus 1000 mots » de leur position sur « l’indépendance de la presse écrite ».


Un acheteur potentiel qui dépose une proposition devra également s’engager à remettre au séquestre un dépôt « d’un montant équivalent à 10 pour cent » du prix offert dans les deux jours ouvrables suivant la réception de son offre.


« Dans l’éventualité où un offrant qualifié manque à l’une de ses obligations prévues […] il devra indemniser Groupe Capitales Médias d’un montant équivalent au dépôt », est-il également écrit.


Confronté à une érosion de ses revenus, à l’instar de la plupart des médias écrits, GCM s’était placé à l’abri de ses créanciers à la fin août en obtenant au passage une aide d’urgence de 5 millions de dollars de la part du gouvernement Legault.


Au terme des sept premiers mois de l’exercice en cours, les pertes de l’entreprise sont estimées à environ 6 millions de dollars.


Le groupe de presse est également confronté à un lourd déficit actuariel du régime de retraite des employés, qui atteint pas moins de 65 millions de dollars, d’après la plus récente évaluation, qui remonte à la fin de la dernière année.


Comme il a déjà été rapporté, le syndic devrait présenter au plus tard le 6 novembre prochain à la Cour supérieure du Québec l’offre jugée la plus avantageuse. De leur côté, les intéressés ont jusqu’au 17 octobre pour signaler leur intérêt et devront soumettre une offre avant le 25 octobre.


En fin d’après-midi, mardi, il n’avait pas été possible de parler à Christian Bourque, du syndic PricewaterhouseCoopers, afin de vérifier si des joueurs intéressés s’étaient déjà manifestés.


Toutefois, la semaine dernière, lors de la période des questions à l’Assemblée nationale, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, avait laissé entendre que plusieurs acquéreurs potentiels étaient sur les rangs.


« Et je suis très positive et très confiante parce qu’à l’heure actuelle les informations dont nous disposons nous permettent de dire qu’il y a au moins une vingtaine d’acheteurs potentiels intéressés », avait-elle affirmé, en réponse à une question de la députée de Québec solidaire Catherine Dorion.


CGM, qui traîne des créances approximatives de 26 millionsde dollars, avait obtenu à la fin de 2017 un prêt de 10 millions de dollars de la part d’Investissement Québec.