GCM: Québec n’offre aucune garantie pour les fonds de retraite

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon

Québec ne compte pas s’acquitter du déficit des fonds de pension du Groupe Capitales Médias (GCM), a déclaré jeudi le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon. Il a ajouté que son gouvernement n’exigera pas non plus qu’un futur acquéreur reprenne les régimes de retraite.

« Je ne pense pas que c’est au gouvernement d’assumer des caisses de retraite, sinon on n’en finirait pas », a-t-il déclaré en mêlée de presse à Rivière-du-Loup, en marge du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Interrogé sur la question de savoir si le gouvernement allait poser comme condition aux potentiels acquéreurs celle de racheter les régimes de retraite, le ministre a répondu que Québec « ne peut pas garantir les fonds de pension ». « Ce qu’on va faire, c’est ouvrir un dataroom dans lequel nous allons déposer toute l’information financière sur les journaux séparés et en agrégat. Évidemment, pour les gens qui vont reprendre les journaux, ou le journal, on va mettre des conditions », a-t-il ajouté.

Citant comme exemple Le Soleil, à Québec, M. Fitzgibbon a expliqué que, devant plusieurs acheteurs, Québec accepterait l’offre « la plus pertinente ». « S’il y a seulement une offre, il va falloir négocier avec les employés », a-t-il cependant prévenu.

Faillite

GCM, qui, en plus du Soleil, publie les journaux Le Quotidien à Saguenay, Le Nouvelliste à Trois-Rivières, La Tribune à Sherbrooke et La Voix de l’Est à Granby, a demandé en août de se mettre à l’abri de ses créanciers. Québec est ensuite intervenu avec un financement intérimaire de 5 millions de dollars, pour permettre à GCM de maintenir ses activités jusqu’à la fin de 2019.

À la fin du mois dernier, le p.-d.g. du groupe, Claude Gagnon, avait estimé à environ 65 millions le déficit actuariel des quatre fonds de retraite de GCM. Le taux de solvabilité, qui calcule le manque à gagner pour les participants si les régimes de retraite fermaient sur-le-champ, varie entre 75 % et 78 % selon les différents journaux de l’entreprise. Mais en cas de poursuite des activités, M. Fitzgibbon évalue un « surplus de 5 millions ». « Si on assume, en hypothèse, que les rendements qu’on va faire sur l’actif des caisses de retraite seraient équivalents à ce que la Caisse de dépôt donne au déposant, il n’y a pas de déficit », explique-t-il. M. Fitzgibbon a également déclaré qu’environ 20 acquéreurs avaient manifesté leur intérêt à consulter les livres de GCM.

Contacté par Le Devoir, le p.-d.g. de GCM, Claude Gagnon, a indiqué ne pas vouloir commenter les propos du ministre.

Seulement pour la presse écrite

Quand on lui a demandé si l’aide annoncée par Québec pour les médias serait offerte à tous les médias, le ministre Fitzgibbon a annoncé que celle-ci se limiterait aux médias écrits « pour l’instant », écartant une aide prochaine pour les médias radiophoniques et télévisuels. « On va y aller étape par étape. On est dans une situation de 911 », a-t-il noté.