Québec déposera son plan d’aide aux médias début octobre

Le ministre québécois de l'Économie dit chercher une solution temporaire en attendant que la communauté internationale ne s’entende pour taxer les géants des technologies.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le ministre québécois de l'Économie dit chercher une solution temporaire en attendant que la communauté internationale ne s’entende pour taxer les géants des technologies.

Québec souhaite déposer son plan pour venir en aide aux médias écrits au début du mois d’octobre, confirme le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui dit chercher une solution temporaire en attendant que la communauté internationale ne s’entende pour taxer les géants des technologies.

« L’éléphant dans la chambre, c’est le GAFAM, reconnaît le ministre en entrevue à La Presse canadienne. Est-ce qu’on peut dealer avec le GAFAM sur une base ponctuelle, aujourd’hui ? Je ne suis pas sûr. C’est un problème mondial. »

Le ministre dit tirer cette conclusion des témoignages des intervenants de l’industrie entendus la semaine dernière lors des audiences de la commission parlementaire sur l’avenir des médias d’information.

Il reconnaît du même coup que l’industrie québécoise des médias d’information a su s’adapter aux transformations technologiques. C’est son modèle d’affaires qui n’a pas pu suivre la même évolution parce que le cadre législatif, lui, n’a pas su s’adapter à la réalité d’un monde contrôlé par le GAFAM.

Ce que Pierre Fitzgibbon entend faire, c’est de trouver des mesures permettant de créer « une fenêtre temporelle pour maintenir les médias écrits », dont ceux du Groupe Capitales Médias (GCM) qui se sont placés sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers le mois dernier.

Le ministre québécois de l’Économie et de l’Innovation espère que cette bouffée d’air aidera les entreprises de presse à tenir jusqu’à ce que les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) décident de la manière dont les Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft (GAFAM) seront appelés à contribuer.

L’OCDE compte 36 pays membres, dont le Canada et la plupart des plus grandes économies de la planète.

Pierre Fitzgibbon est tout à fait conscient que le temps presse et que les six quotidiens de Capitales Médias n’ont plus le luxe d’attendre la réaction de la communauté internationale.

Québec a déjà annoncé une aide de cinq millions de dollars à GCM, sous forme de prêt, pour maintenir en vie le groupe de journaux. Le ministre Fitzgibbon a déjà renoncé à l’idée de revoir cet argent, mais il souhaite agir rapidement pour ne pas avoir à en injecter davantage.

« Les cinq millions qu’on a mis, avec le processus légal, ça va devenir des pertes d’opération malheureusement, mais je pense que c’était la bonne chose à faire », a-t-il dit.

Ce sursis accordé aux journaux donne le temps, croit le ministre caquiste, aux communautés d’intérêts de se mobiliser pour sauver leurs médias régionaux.

« Je sens que la conscientisation à la perte potentielle de l’information inquiète les gens. Je pense que les gens sont sensibles », souligne M. Fitzgibbon en rapportant que le syndic responsable du dossier de GCM aurait reçu plusieurs appels de repreneurs intéressés.

Il compare la situation des journaux de Capitales Médias comme un catalyseur qui a eu pour effet de mobiliser le public derrière leurs sources d’information locale et il s’attend à ce que les communautés contribuent à la relance de ces médias.