Radio-Canada s’engage à «faire partie de la solution»

Le vice-président principal des services français de CBC/Radio-Canada, Michel Bissonnette
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Le vice-président principal des services français de CBC/Radio-Canada, Michel Bissonnette

Tout en plaidant en faveur d’une aide gouvernementale aux médias en difficulté, Radio-Canada s’engage à « faire partie de la solution » à la crise de la presse québécoise.

« Nos concurrents d’hier doivent devenir nos alliés d’aujourd’hui », a déclaré le vice-président principal des services français de CBC/Radio-Canada, Michel Bissonnette, en commission parlementaire jeudi.

Le diffuseur public serrera les coudes avec les médias québécois face aux « puissantes » entreprises numériques : « les Google, Facebook, Amazon et autres Apple ». « [Celles-ci] sont entrés dans nos vies et dans notre économie, prenant beaucoup, redonnant peu, créant de nouveaux besoins, se rendant incontournables, voire essentiels, tout en s’appropriant en toute légalité des revenus jadis engrangés par les médias dits traditionnels », peut-on lire dans le mémoire de CBC/Radio-Canada déposé à l’Assemblée nationale.

Radio-Canada convient qu’il occupe une « position privilégiée dans l’écosystème des médias québécois » en raison de son financement de la part du gouvernement fédéral. Du coup, il ne sollicite aujourd’hui ni crédit d’impôt ni subvention spéciale.

Au contraire, il promet d’appuyer les médias d’information québécois dans leur « transition vers un modèle viable à plus long terme ». « Cet appui peut s’exprimer par une offre de formation, des alliances dans la production, la diffusion de contenus (l’exemple d’ICI TOU.TV) ou le partage d’expertise en veille stratégique. Radio-Canada est aussi disposée à nouer des partenariats ponctuels en journalisme d’investigation », a expliqué la direction du diffuseur public à la commission de la culture et de l’éducation.

Cela dit, Radio-Canada se dit favorable à l’octroi d’une aide du gouvernement québécois aux médias en difficulté, mais seulement si celle-ci « respecte scrupuleusement l’indépendance journalistique, l’intérêt public et le bien commun ».

En échange d’une aide gouvernementale, les médias d’information devraient s’engager à respecter « un minimum de règles journalistiques » semblables aux Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada ou encore du Guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), est d’avis la direction de Radio-Canada.

Par ailleurs, un « mur de Chine » parfaitement étanche doit séparer la salle de rédaction du reste de l’entreprise, a ajouté la directrice générale de l’information de Radio-Canada, Luce Julien.