La SRC va déménager un peu plus tard

Radio-Canada estime que le déménagement est un projet «d’ampleur» qui est «évolutif», et que le délai s’imposait.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Radio-Canada estime que le déménagement est un projet «d’ampleur» qui est «évolutif», et que le délai s’imposait.

Le processus de déménagement de Radio-Canada dans sa nouvelle maison de verre, qui devait être achevé au plus tard en juin 2020, accuse du retard. Le diffuseur public prolongera de « quelques mois » son bail actuel afin de tester davantage les nouvelles technologies avec lesquelles les locaux seront équipés.

C’est ce qu’a confirmé jeudi au Devoir le premier directeur des relations publiques et de la promotion de Radio-Canada, Marc Pichette, qui refuse de chiffrer les coûts supplémentaires et qui ne veut pas non plus donner une date précise pour la fin du déménagement.

Un courriel a par ailleurs été envoyé à tous les employés jeudi après les demandes d’informations du Devoir. Le vice-président principal, Michel Bissonnette, y confirme ce délai imprécis.

Plusieurs voix ont dit au Devoir que le diffuseur videra ses cartons six mois plus tard que prévu. « Étant donné l’ampleur du projet, on va prolonger de quelques mois la période prévue initialement pour la transition, affirme M. Pichette. Cette prolongation va nous donner une marge de manoeuvre pour tester la technologie et nos nouveaux modes de production. »

À terme, Radio-Canada implantera dans sa nouvelle maison un modèle basé à 100 % sur la technologie IP pour la captation, la production et la diffusion. Avec, entre autres, l’avantage fourni par des équipements moins volumineux et qui peuvent s’adapter à tous les formats et toutes les plateformes.

Cette transition n’était-elle pas déjà prévue ? Radio-Canada estime que le déménagement est un projet « d’ampleur » qui est « évolutif », et que le délai s’imposait. « On veut aussi assurer une transition extrêmement harmonieuse pour tout notre personnel », a ajouté M. Pichette.

Options de renouvellement

Le diffuseur public loue en ce moment ses espaces dans la vieille tour au Groupe Mach, qui a acheté l’édifice en juillet 2017 au coût de 42 millions. Le bail sera échu en juin 2020.

Les coûts d’exploitation de l’actuel édifice de Radio-Canada sont présentement de 20 millions par année, avait affirmé le vice-président principal de Radio-Canada, Michel Bissonnette, lors d’une visite du chantier de la nouvelle construction, en avril dernier.

Le diffuseur devra donc se prévaloir d’options de renouvellement déjà inscrites à son bail. Toutefois, aucune démarche officielle n’a été amorcée, car l’échéancier reste à être peaufiné, explique M. Pichette. Une information confirmée par la firme de relations publiques PROXIBA, qui représente le Groupe Mach. « On n’a reçu aucune demande à cet effet de la part de Radio-Canada, alors, quant à nous, c’est le calendrier normal qui est encore en vigueur », a expliqué son représentant, Éric Barbeau.

D’autres informations obtenues par Le Devoir indiquaient que certains délais étaient engendrés par des erreurs sur le chantier du prochain édifice, dont un plancher qui aurait été construit avec un fort dénivelé.

Le Groupe immobilier Broccolini, qui est le propriétaire et le constructeur de la nouvelle Maison de Radio-Canada, n’a pas rappelé Le Devoir.

« Il peut y avoir des discussions commerciales entre nous et Broccolini, mais on ne commente pas les discussions commerciales qu’on peut avoir avec nos partenaires d’affaires. […] On va se faire livrer notre bâtisse comme prévu en janvier 2020 », a pour sa part expliqué Marc Pichette.

JO : un mal pour un bien

Comme les équipes radio-canadiennes seront quelques mois de plus dans les anciens bureaux, la production des prochains Jeux olympiques de Tokyo, qui auront lieu du 24 juillet au 9 août 2020, ne se fera plus à Toronto comme prévu, mais sera plutôt de retour à Montréal.

Une note interne explique que Radio-Canada pourra donc profiter « des installations déjà rodées une dernière fois, et ce, à moindre coût que ce qu’un déplacement à Toronto entraînait ».

Le diffuseur public avait prévu de déménager ses pénates dans les studios de la Ville Reine pendant les JO, parce qu’il y avait trop d’incertitudes, notamment techniques, dans le fait de produire ces émissions sportives très regardées alors que la peinture serait à peine sèche sur les murs de son nouveau domicile.

Le diffuseur estime qu’il pourra maintenant « compenser en partie les coûts supplémentaires de location que va engendrer le prolongement de notre période de déménagement ». Toutefois, Radio-Canada n’a pas voulu préciser de quelle ampleur seront ces économies.

Des dépenses

Notons qu’en juin, TVA a dévoilé que Radio-Canada était forcée de louer des locaux dans son ancienne tour afin de pallier le manque d’espace de la nouvelle Maison. La société d’État a signé un bail d’un maximum de cinq ans avec le Groupe Mach pour entreposer du matériel divers, dont des archives.

Quant au nouveau bail de Radio-Canada signé avec le Groupe Broccolini, il est d’une durée de 30 ans et d’une valeur de 21 millions par année. Selon des informations de TVA, le diffuseur public prévoit d’avoir besoin d’au moins 144 millions supplémentaires pour aménager les locaux.

1 commentaire
  • Gilles Bonin - Inscrit 9 août 2019 10 h 09

    Tout s'annonce

    pour être une belle «merde» de planification technocratique insignifiante et bancale. Déjà que les stationnements et les espaces d'archivage sont manquant. La solution? Eh! bien, on va louer à l'acheteur du site original les espaces et les prolongations nécessaires... moi, j'irais jeter un coup d'oei pour voir si, au-delà de l'incompétence des administrateurs radio-canadiens, il n'y aurait pas une entourloupe là-dessous...