Groupe TVA supprime 68 postes

Le Groupe TVA détient et exploite six stations du réseau de télé TVA, de même que les chaînes spécialisées LCN, Addiktv, Argent, Prise 2, Casa, Yoopa, Moi & Cie et TVA Sports.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le Groupe TVA détient et exploite six stations du réseau de télé TVA, de même que les chaînes spécialisées LCN, Addiktv, Argent, Prise 2, Casa, Yoopa, Moi & Cie et TVA Sports.

Le Groupe TVA a annoncé mercredi qu’il abolissait 68 postes parmi ses employés. Il procédera aussi à « d’importantes compressions budgétaires visant à réduire ses charges opérationnelles ».

La répartition des postes coupés n’a pas été détaillée publiquement par le Groupe TVA. Des représentants syndicaux ont cependant indiqué que cinq de leurs membres étaient licenciés. « On va prendre tous les moyens possibles pour annuler ces coupes d’emplois qui contreviennent à nos clauses de protection d’emploi », a indiqué au Devoir Marc-André Hamelin, le vice-président du Syndicat des employé(e) s de TVA. Ce syndicat représente environ la moitié des 1500 employés du Groupe TVA, une filiale de Québecor Média.

« Les pertes d’emplois nous attristent, mais ce qui nous choque, c’est que quatre postes syndiqués sont abolis à TVA Interactif, responsable des sites Web, et qu’une grande partie des tâches qui y étaient reliées avait été redirigées vers NumériQ, une filiale non syndiquée de Québecor », a poursuivi M. Hamelin.

On en sait moins sur les 63 postes non syndiqués qui ont été abolis mercredi, mais ils seraient concentrés dans les activités télévisuelles dans la métropole, selon les informations recueillies par le syndicat. Les stations régionales et TVA Publications, qui publie une cinquantaine de magazines, seraient épargnés.

Toutefois, certains employés surnuméraires — qui n’occupent pas de poste permanent et travaillent selon un horaire variable — pourraient subir les contrecoups des abolitions de postes, craint l’une d’entre eux à qui le Devoir a parlé.

« Afin d’assurer notre survie, nous devons faire des choix difficiles pour protéger la production de contenu original de langue française, créé au Québec », a déclaré la présidente et chef de la direction de Groupe TVA, France Lauzière.

L’automne dernier, le Syndicat des employé(e) s de TVA et la direction s’étaient entendus sur une nouvelle convention collective. L’entente statuait notamment que le Groupe TVA devrait créer 25 nouveaux postes permanents. Ces postes ont été pourvus dans les derniers mois, a confirmé M. Hamelin.

Le Groupe TVA détient et exploite six stations du réseau de télé TVA, de même que les chaînes spécialisées LCN, Addiktv, Argent, Prise 2, Casa, Yoopa, Moi & Cie et TVA Sports. Il chapeaute les filiales TVA films, TVA Productions et TVA Nouvelles et possède les studios MELS.

Nouvelle charge contre le CRTC

Le Groupe TVA en a profité, mercredi, pour répéter les critiques que Pierre Karl Péladeau adresse au CRTC et aux gouvernements depuis des mois, en exigeant notamment que les tarifs de distribution des chaînes spécialisées soient révisés.

« Le statu quo affaiblit notre industrie, nuit à notre culture et nous accule au pied du mur », a fait valoir Mme Lauzière, qui attribue les compressions à l’inaction des gouvernements devant des iniquités qui fragilisent l’industrie télévisuelle.

En avril, pour faire valoir ses revendications, Québecor avait coupé le signal de TVA Sports aux abonnés des services de distribution de Bell. Le CRTC avait ensuite exigé que Québecor rétablisse la transmission du canal.

On va prendre tous les moyens possibles pour annuler ces coupes d’emplois qui contreviennent à nos clauses de protection d’emploi

Dans son communiqué, le Groupe TVA demande aussi que la taxe sur la vente et l’impôt sur le revenu s’applique à toutes les entreprises, « qu’elles soient domestiques ou étrangères, physiques ou virtuelles », en citant le cas de Netflix. Google News, Facebook ou Apple News, qui relaient du contenu journalistique en ligne, devraient également être soumis à la Loi sur le droit d’auteur, est-il écrit.

À Ottawa, le ministre canadien du Patrimoine, Pablo Rodriguez, a lui aussi tracé un lien entre les coupes d’emplois chez TVA et le cadre réglementaire et législatif.

Il a rappelé qu’en juin 2018, le gouvernement Trudeau avait annoncé la création d’un groupe d’experts chargé de proposer une manière de moderniser les lois sur les télécommunications et la radiodiffusion. Ce panel doit notamment se pencher sur le rôle et les pouvoirs du CRTC.

« Le rapport final est prévu pour janvier [2020], a déclaré le ministre Rodriguez. Ce sont des changements structurels qui seront amenés à travers la législation. Il faut le faire correctement. C’est très complexe parce que ça touche une multitude de secteurs à l’intérieur de l’industrie. Et c’est ce qu’on va faire. »

Avec Marie Vastel