Transformation numérique à CTV

Bell a également annoncé jeudi que les journalistes des chaînes de CTV devront eux-mêmes capter leurs images. Une situation que déplore le syndicat Unifor.
Photo: Garett Mosher Getty Images Bell a également annoncé jeudi que les journalistes des chaînes de CTV devront eux-mêmes capter leurs images. Une situation que déplore le syndicat Unifor.

La chaîne CTV, propriété de Bell Média, a annoncé jeudi à ses employés partout au pays qu’elle procédait à une refonte numérique de plusieurs types d’emplois, causant pour la station montréalaise la mise à pied de 15 travailleurs. Aux dires de Bell, il y aura par contre embauche d’autant de personnes, mais avec de nouvelles définitions de tâches. Quant aux journalistes, ils devront désormais filmer eux-mêmes leurs propres images.

À Montréal, les 15 postes en question sont occupés par des employés qui oeuvrent comme monteurs et éditeurs, comme caméramans, qui sont à la coordination de l’information et qui ont des fonctions multitâches.

« Maintenant, l’employeur nous a aussi avisés qu’il créait six nouvelles fonctions, toutes dirigées vers le multimédia, le numérique, a expliqué au Devoir John Caluori, adjoint au directeur québécois d’Unifor. En fonction de la convention collective, on va devoir regarder cas par cas qui peut migrer à l’intérieur de ces nouvelles fonctions qu’ils vont créer. » En théorie, il pourrait donc n’y avoir aucune perte d’emplois, mais M. Caluori note toutefois qu’en raison des compressions passées chez Bell, les travailleurs restants « ont énormément d’ancienneté […] et leur demander aujourd’hui s’ils peuvent répondre à une tâche de technicien multimédia, la marche risque d’être haute. »

Il s’agit d’un projet important qui nécessitera une formation intensive ainsi qu’une réorganisation des postes pour certains membres de l’équipe des nouvelles

Le nombre de mises à pied pour le reste du pays n’était pas encore connu jeudi au moment où ces lignes étaient écrites. « Nous ne pouvons préciser pour le moment le nombre de départs, si départs il y a », a précisé un représentant de Bell Média.

« Il s’agit d’un projet important qui nécessitera une formation intensive ainsi qu’une réorganisation des postes pour certains membres de l’équipe des nouvelles, a écrit au Devoir un représentant de Bell Média. Nous allons créer un nombre important de nouveaux postes en nouvelles numériques ; ces changements pourraient avoir une incidence sur les rôles traditionnels. »

Journalistes caméramans

Bell a également annoncé jeudi que les journalistes des chaînes de CTV devront eux-mêmes capter leurs images. Une situation que déplore le syndicat Unifor.

« Déjà, la tâche du journaliste, c’est de faire une histoire à la course, de mettre ça sur le Web, sur Twitter, faire un hit toutes les heures aux autres postes, à la radio… Là, on va leur demander de tourner leur propre vidéo, a déclaré M. Caluori. Dans la situation de crise des médias, ce n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour la qualité de la nouvelle. »

Départs volontaires au Globe

De son côté, le quotidien The Globe and Mail a offert à ses employés un programme de départs volontaires visant à réduire ses coûts.

Les employés du Globe ont été avisés mercredi que le journal cherchait à réduire les coûts de son budget d’exploitation d’environ 10 millions par année.

Une porte-parole du quotidien a précisé que les employés avaient jusqu’au 29 mai pour profiter du programme, et que la société déciderait en juillet si des mises à pied involontaires étaient nécessaires.

Le dernier programme de départs volontaires présenté aux employés du Globe and Mail remontait à 2016. Le média est la propriété de Woodbridge Company, une société de portefeuille privée qui est le principal véhicule d’investissement de la famille milliardaire torontoise Thomson.

Une filiale du Globe and Mail détient un investissement dans La Presse canadienne dans le cadre d’une entente commune avec Torstar et le quotidien montréalais La Presse.

Avec La Presse canadienne