«Le Devoir» plusieurs fois primé

Le photographe Renaud Philippe a remporté trois prix pour des collaborations avec «Le Devoir» et le «New York Times». 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le photographe Renaud Philippe a remporté trois prix pour des collaborations avec «Le Devoir» et le «New York Times». 

Les journalistes de La Presse et de Radio-Canada se sont démarqués dimanche soir lors du gala des Grands Prix du journalisme. Le Devoir a pour sa part décroché deux prix Judith-Jasmin, sans oublier deux prix de photographie Antoine-Desilets, remis au collaborateur du Devoir Renaud Philippe, et un prix Jules-Fournier, remis à Isabelle Paré.

Améli Pineda, du Devoir, s’est démarquée pour son enquête sur l’affaire Gilbert Rozon. Ce travail a été effectué en collaboration avec Monic Néron et Émilie Perreault, de Cogeco Média 98,5, aussi lauréates du prix. Améli Pineda a souligné cette « collaboration atypique entre deux médias, dans des conditions improbables, qui a fait ressortir le meilleur du journalisme, c’est-à-dire travailler ensemble pour l’intérêt public ». Émilie Perreault a pour sa part souligné que, dans cette enquête, le « quatrième pouvoir » n’avait pas l’intention de remplacer le pouvoir législatif, « mais parfois le travail de journaliste, c’est d’ébranler le système, et je pense qu’on l’a fait ».

Les journalistes du Devoir Jessica Nadeau et Marco Fortier ont quant à eux obtenu le prix Judith-Jasmin dans la catégorie Science, environnement et société pour leur série de cinq textes sur les violences sexuelles dans les écoles. Ils ont tenu à souligner le précieux temps qu’ils ont eu pour peaufiner leur travail « et pour ventiler », devant un sujet émotif.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les journalistes du «Devoir», Marco Fortier et Jessica Nadeau, ont vu leur travail récompensé.

La journaliste du Devoir Isabelle Paré a pour sa part reçu, en amont des Judith-Jasmin, le prix Jules-Fournier pour la qualité de la langue française. « Ce prix-là rappelle que la qualité de la langue, c’est la première arme d’information massive, a-t-elle déclaré. Le poids de chaque mot, la force de frappe du texte sont plus que jamais essentiels pour se démarquer dans la grande guerre pour l’attention du lecteur. »

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec, qui célèbre son 50e anniversaire, tenait pour la première fois un grand gala hors de son congrès annuel pour remettre ses prix de journalisme. Cette année, une refonte des catégories voyait poindre des angles nouveaux, comme la culture et le sport. La soirée se déroulait au Gesù, à Montréal, « un endroit peu laïque pour remettre un nombre de prix ostentatoire », a noté l’animateur de la soirée, Jean-René Dufort.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La journaliste Isabelle Paré a reçu le prix Jules-Fournier pour la qualité de la langue française. 
 


M. Dufort a aussi laissé le micro à plusieurs présentateurs, dont Louise-Josée Mondoux, la patineuse Marianne St-Gelais, Jocelyne Cazin, Laure Waridel et Bernard Derome. L’agronome et lanceur d’alerte Louis Robert, arrivé avec sa pelle, a eu droit à une ovation debout. «Lanceur d’alerte, c’est pas une profession d’avenir, pour le moindre», a-t-il dit en riant, avant de souligner l’importance du journalisme d’enquête.

Grand Prix

Le prestigieux Grand Prix a été remis à Anne Panasuk et à Sonia Desmarais, de l’émission Enquête de Radio-Canada, pour leur série « Histoires d’Enquête : chemin de croix » et pour le reportage « Les Oblats : régner sur les âmes et les corps ». La journaliste Anne Panasuk, qui prendra sa retraite cette année, a affirmé qu’« il ne suffit pas de dire, il faut être entendu » et que ce prix « fait revivre ces témoignages troublants » de victimes d’agressions sexuelles.

Le diffuseur public a vu son travail journalistique récompensé dans deux autres catégories. En politique, Marie-France Bélanger et Yanic Lapointe, aussi de l’émission Enquête, ont remporté la palme pour « Les dessous de la ville du bonheur », sur les agissements du maire de Chambly.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La journaliste Améli Pineda a également été récompensée.

Le travail de Radio-Canada s’est aussi démarqué dans la catégorie Médias locaux et régionaux : les équipes de la région Mauricie–Centre-du-Québec et de l’Estrie ont reçu le prix ex æquo. Cette catégorie régionale avait été délaissée par la FPJQ lors de la première annonce de la refonte des prix en janvier, mais avait rapidement été réintégrée après que plusieurs des membres, partout en région, eurent estimé qu’il était injuste que leurs médias, plus petits, moins riches et aux prises avec des défis bien différents, soient désormais en compétition avec des médias nationaux.

Grand reportage

C’est le quotidien La Presse qui, dans une année de mutations internes, a gagné le plus grand nombre de prix, soit 5 (sur 11 Judith-Jasmin au total).

Le Grand Reportage de l’année a été remis à Isabelle Hachey, pour « La révolution du Rojava », un article réalisé sur le terrain en Syrie. La journaliste a tenu à remercier «les Kurdes du nord de la Syrie» qui ont un « projet de démocratie d’autogestion en plein milieu de la guerre civile [...] Il ne faut surtout pas les oublier».

La Presse s’est aussi démarquée dans les catégories Sports (Jean-François Tremblay), Affaires et Économie (Marie-Ève Fournier), Justice et Faits divers (Philippe Teisceira-Lessard) et Opinion (François Cardinal).

L’animateur de la soirée, Jean-René Dufort, s’est permis une pointe d’humour sur les demandes de dons que La Presse fait depuis quelque temps auprès de ses lecteurs, s’amusant du fait que « ç’a l’air de coûter très cher être à but non lucratif ». Le rédacteur en chef du journal a par ailleurs précisé que son journal recevrait neuf stagiaires cet été, une longue tradition qui avait pris fin il y a quelques années.

The Gazette n’est pas repartie les mains vides de cette soirée de gala, alors que son journaliste T’Cha Dunlevy a été récompensé dans la catégorie Culture pour sa série d’articles sur la pièce SLĀV. Ce dernier a eu une pensée pour les communautés noires et autochtones qui se sont exprimées sur le sujet de l’appropriation culturelle, car « il y a un grand manque de ces voix dans le journalisme et il faut être attentifs à ce qu’elles disent ».

Photo: Renaud Philippe Le Devoir «Montas Begum»

En plus de remettre une série de prix de journalisme, la FPJQ soulignait le travail essentiel des photographes de presse. Le photographe Renaud Philippe s’est démarqué en remportant trois prix, dont deux pour des collaborations avec Le Devoir et un avec le New York Times. Un de ses clichés, intitulé Montas Begum, a reçu le prix de la photo de presse de l’année.

Les quatre autres prix Antoine-Desilets ont été remis à des photographes de La Presse, dont deux à Bernard Brault, ses neuvième et dixième en 35 ans de carrière.

La soirée a aussi permis de remettre une kyrielle de récompenses, dont le Prix de journalisme en loisir, le prix Lizette-Gervais, les Grands Prix des hebdos, le prix En-tête pour le reportage en santé mentale au travail et la bourse Fernand-Seguin. Plusieurs voix, dont les représentants des hebdos, se sont réjouies de voir la FPJQ laisser une place à ces récompenses dans son gala.

Le caricaturiste du Devoir Michel Garneau, alias Garnotte, a remporté vendredi soir le prix du caricaturiste de l’année au Concours de journalisme canadien. Michael de Adder, collaborateur au Halifax Chronicle Herald, au Brunswick News et au Toronto Star, et Brian Gable, du Globe and Mail, étaient également en lice. C’était la première fois que Michel Garneau remportait ce prix. Robert La Palme, en 1952, fut le dernier caricaturiste du Devoir à le décrocher.


Le Devoir est en nomination dans trois catégories à la 4e édition des Prix d’excellence en publication numérique, qui seront décernés le 29 mai à Toronto. Le quotidien montréalais est en lice dans la catégorie Excellence générale en publication numérique : grande publication, seul contre le site Web CBC News. Par ailleurs, sa couverture de la campagne électorale québécoise vaut au Devoir d’être nommé pour la Meilleure couverture de l’actualité. Son « courrier électoral » reçoit finalement une place dans la course à la Meilleure infolettre éditoriale. Les Prix d’excellence en publication numérique sont remis par la Fondation des prix pour les médias canadiens.