Au volant de «RPM» depuis 20 ans

En plus de répondre aux questions du public, «RPM» diffuse des reportages sur le monde de l’automobile et des essais routiers.
Photo: V Média En plus de répondre aux questions du public, «RPM» diffuse des reportages sur le monde de l’automobile et des essais routiers.

Sans trop jouer du klaxon, l’émission automobile RPM, sur les ondes de V, roule sa bosse depuis maintenant 20 ans en misant sur une approche indépendante et orientée vers les consommateurs. Son animateur, Pierre Michaud, fêtera même la 500e de l’émission ce dimanche.

La diffusion dominicale de RPM, suivie de sa déclinaison RPM+, atteint désormais quelque 442 000 personnes, selon les chiffres du diffuseur. C’est là une augmentation de 4,2 % en comparaison de l’année dernière.

Au centre de cette émission se trouve l’animateur et producteur Pierre Michaud. L’appellation RPM, qui fait référence aux rotations par minute d’un moteur, vient en fait de « Roulez avec Pierre Michaud », explique ce dernier.

 

 
Photo: V Média Pierre Michaud, au centre, est l'animateur vétéran à la barre de l’émission depuis ses tout débuts.

 

En humble mais fier vétéran, Michaud s’étonne du peu d’attention médiatique que reçoivent les deux heures de télé qu’il crée chaque semaine.

« Ce n’est pas une question de vouloir se vanter, mais il faut être fier de ce qu’on accomplit, dit-il. Il y a beaucoup d’exploits télévisuels qui sont soulignés, mais quand c’est le temps de mentionner un phénomène comme [le nôtre], je ne sais pas si c’est parce qu’on est à V, si c’est parce qu’il y a du snobisme, mais je ne comprends pas [qu’on n’en parle pas plus]. En fait, c’est un phénomène télévisuel qui est très axé sur le consommateur. »

Répondre aux questions

Si RPM diffuse des reportages plus thématiques sur le monde de l’automobile ainsi que des essais routiers — avec les bons vieux tests de freinage près des cônes orange —, l’émission passe beaucoup de temps à répondre aux questions du public.

« C’est notre pain et notre beurre, c’est la raison de vivre de RPM, insiste Pierre Michaud. On le fait sur Web avec nos réseaux sociaux, on le fait dans les deux émissions, et on ne fournit pas. »

Une telle approche, axée sur les recommandations, demande aux yeux de Pierre Michaud de grandes connaissances du monde automobile et une sensibilité aux réalités des acheteurs. « Ça demande beaucoup de recherches et de discipline. C’est un type de journalisme qui n’est pas en progression aujourd’hui », ironise l’animateur en référence à tous les influenceurs qui se prennent en photo dans des paysages enchanteurs avec des voitures fournies, un phénomène courant dans l’univers du véhicule motorisé.

L’approche indépendante de RPM, Pierre Michaud y tient beaucoup, rappelant que lui et ses collègues Samuel Lessard et Luc-Olivier Chamberland ne sont pas « des plogueux de chars ».

« On l’est par ricochet avec nos recommandations, mais l’objectif c’est d’essayer, le plus honnêtement possible, le plus indépendamment possible de l’industrie, de suggérer au consommateur le meilleur achat. »

Il y a bien des annonces de constructeurs automobiles sur les ondes de V, mais RPM ne s’abreuve pas financièrement aux sources des Ford, Mazda, Volkswagen et autres Hyundai.

« On n’est pas nécessairement indépendants du monde de l’automobile — on est par exemple commandité par Canadian Tire et par un assureur —, mais ces gens-là nous permettent de garder une indépendance » par rapport aux manufacturiers.

Voitures vertes

Pierre Michaud est bien conscient qu’il y a une part d’incohérence à livrer chaque semaine une émission sur l’automobile alors que le transport est un poids lourd des émissions de CO2 de la planète. Mais il précise que depuis une douzaine d’années, RPM s’attarde beaucoup plus aux émissions polluantes des véhicules.

Et il y a les voitures électriques, dont les téléspectateurs de l’émission se font beaucoup parler en essais routiers, mais aussi lors de reportages sur l’évolution de cette technologie. « On essaie d’influencer notre public, de le sensibiliser aux nouvelles problématiques environnementales », dit Pierre Michaud.

Et le résultat ? « Honnêtement, on n’a pas beaucoup de succès, admet-il. Les gens ont l’air de s’en foutre pas mal. Ils ne veulent pas faire de compromis. C’est un phénomène de consommation, c’est dur de “descendre” [de gamme]. Les gens veulent avoir de l’espace et du confort, et il faut que ça rentre dans leur budget. »

500e émission

Dimanche, pour la 500e émission de RPM, la quinzaine de membres de l’équipe proposera une espèce de rétrospective des 20 dernières années, qui permettra de souligner des bons coups, voire des déceptions.

Mais ce soufflage de bougies (d’allumage ?) ne signifie pas que RPM a le pied sur le frein, précise Pierre Michaud. « Moi, je n’ai aucune limite de temps, tant qu’il y aura des automobiles, RPM aura sa place. Mais il faut évoluer avec notre temps. On réserve de grosses surprises pour la 21e année, on prépare des choses sur l’autonomisation et l’électrification des transports entre autres. […] L’émission va continuer d’évoluer, et on verra où ça va nous mener. »