Taillefer veut s’investir davantage dans «L’actualité» et «Voir»

«<em>L’Actualité</em> n’est pas dans un état de faillite», assure Alexandre Taillefer, qui n’avait pas voulu jusque-là commenter publiquement la situation du magazine d’affaires publiques.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir «L’Actualité n’est pas dans un état de faillite», assure Alexandre Taillefer, qui n’avait pas voulu jusque-là commenter publiquement la situation du magazine d’affaires publiques.

C’est un temps difficile pour le milieu des médias, reconnaît Alexandre Taillefer, qui se montre prêt à tout faire pour améliorer le sort de L’actualité et de Voir, les deux publications sous son portefeuille. Pour l’associé principal de XPND Capital, la société de placement privé derrière Mishmash Média, il n’est pas question de fermer le magazine L’actualité, malgré la situation précaire dont la presse montréalaise a fait récemment écho.

« L’actualité n’est pas dans un état de faillite », assure Alexandre Taillefer, qui n’avait pas voulu jusque-là commenter publiquement la situation du magazine d’affaires publiques. Rencontré à son bureau du centre-ville, celui qui s’est retiré du conseil d’administration du Mishmash Média en 2018 affirme suivre le dossier de près.

« Les médias connaissent des moments difficiles, mais [ils représentent] un investissement important pour nous. Je vais mettre plus de temps dans ces entreprises pour m’assurer qu’on trouve les bonnes réponses », confie-t-il.

Ce secteur demeure un attrait pour XPND Capital parce qu’il fait partie des domaines qu’Alexandre Taillefer associe, en anglais, à des « wheels that squeak ». En d’autres mots, dit-il, ce sont des entreprises « à enjeux ».

Disparition de journaux, mainmise sur les revenus par les géants du Web (les GAFA — Google, Apple, Facebook, Amazon), désintérêt envers les éditions papier… Les enjeux sont nombreux. « On doit essayer de réinventer notre manière de rentabiliser la relation avec notre audience. L’audience de Voir et de L’actualité n’a pas diminué, affirme-t-il. On a un enjeu de rentabilité, pas d’audience, un enjeu pareil pour tous les médias. »

Alexandre Taillefer compte se battre pour que « le contenu de qualité » soit reconnu à sa juste valeur par l’État. Il s’impatiente notamment au sujet de l’aide en crédits d’impôt annoncée par le gouvernement fédéral, toujours pas distribuée — « ça avance très, très lentement », commente-t-il. Il s’attend aussi à ce que des règles encadrent les dépenses publicitaires des sociétés d’État afin qu’elles soient plus investies dans les médias locaux.

Depuis deux ans, les gouvernements fédéral et provincial ont quand même promis des montants importants pour aider les entreprises de presse. Ottawa a budgété près de 600 millions de dollars pour stimuler la philanthropie et pour instaurer un crédit d’impôt sur la masse salariale des médias. À Québec, dans ses deux derniers budgets, le gouvernement libéral a livré 100 millions de dollars pour appuyer la transformation numérique des médias écrits.