Métro Média centralise ses bureaux

Métro Montréal déménagera ses pénates à l’angle des autoroutes 15 et 40 «dans les 45 prochains jours».
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Métro Montréal déménagera ses pénates à l’angle des autoroutes 15 et 40 «dans les 45 prochains jours».

Invoquant la nécessité de faire des économies et le désir de voir ses composantes sous un même toit, Métro Média regroupera bientôt dans l’arrondissement de Saint-Laurent le bureau du quotidien Métro et les deux locaux des hebdomadaires de l’entreprise. Et si plusieurs employés s’inquiètent de ce choix excentré, le vice-président Andrew Mule se dit ouvert à adapter son plan de match.

Métro Montréal, qui a repris il y a presque un an les publications montréalaises de Transcontinental, déménagera donc ses pénates à l’angle des autoroutes 15 et 40 « dans les 45 prochains jours », a confirmé au Devoir M. Mule.

Le quotidien Métro occupe en ce moment un espace plus grand que nécessaire — et coûteux —, en plein coeur du centre-ville de Montréal à l’angle de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque Ouest. Les hebdomadaires, eux, étaient installés dans des bureaux à Dorval et à Rivière-des-Prairies.

« On est une entreprise qui veut être ensemble sous un même toit, on croit beaucoup au local et au communautaire, mais c’est difficile de travailler de manière séparée dans une entreprise de notre grandeur, explique Andrew Mule. Et un loyer contre trois loyers, c’est moins cher. »

Le vice-président de Métro Média souligne que son entreprise est dépendante « à 100 % de la publicité » et qu’elle doit faire face à la même réalité que les autres joueurs qui ont des revenus autonomes, « comme Le Devoir ». « J’ai une obligation de protéger ma rédaction, sans rédaction on n’existe pas », ajoute-t-il pour expliquer le besoin de réduire ses dépenses.

Rester pertinent

Le choix du nouveau local de l’entreprise, sur le boulevard Marcel-Laurin, a été fait après cinq mois de recherche, dit M. Mule. Il a trouvé là « un propriétaire extrêmement flexible » dont les bureaux étaient abordables, et dont il aimait « la qualité de l’emplacement. C’est central sur l’île ».

Un avis que plusieurs travailleurs du quotidien Métro ne partagent pas, estimant que le site qui se trouve à environ dix minutes à pied du métro Du Collège est trop éloigné du coeur battant de la métropole et des institutions que le quotidien doit couvrir.

S’il souligne que les pigistes et les chroniqueurs peuvent travailler de la maison, Andrew Mule insiste d’abord sur la nécessité d’avoir un endroit centralisé, mais se dit à l’écoute des doléances de ses travailleurs sur le terrain.

« C’est certain, on doit rester pertinent, dit-il, conscient que pour rester pertinent il faut être présent lors de certains événements, parfois imprévus. Si ça me prend un espace commun, pour faire du travail, des entrevues, [qui est] plus dans le centre de Montréal, on va le faire. Pour le moment on va traiter les exceptions et les gérer une fois qu’elles se présentent. »

Prendre la place du Voir

Métro Média compte par ailleurs développer dans certains arrondissements un format mensuel plus magazine, qui remplacerait les hebdos.

« Dans certains quartiers, on n’a pas le choix, l’hebdo n’est plus pertinent pour les lecteurs plus jeunes, ils ne s’identifient pas [à ça], estime Andrew Mule. Mais on voudrait rester sur le coin d’une table dans les résidences, avec un format qui est de meilleure qualité. […] Ça nous aide que Voir ait arrêté le papier, on va juste prendre la relève. »

TransMet, la maison mère de Métro Média, est d’ailleurs celle qui distribue toutes les publications gratuites au Québec. L’entreprise pourra donc tout simplement s’installer dans ses propres présentoirs. « C’est une opportunité », de conclure M. Mule, intéressé par du contenu culturel.