L’éditeur de presse américain Gannett refuse l’offre de rachat de MNG

<p>MNG n’a fourni aucune indication sur la manière dont le groupe de médias entendait financer l’opération et sur sa stratégie pour faire valider le rachat par les autorités de la concurrence.</p>
Photo: Jacquelyn Martin Associated Press

MNG n’a fourni aucune indication sur la manière dont le groupe de médias entendait financer l’opération et sur sa stratégie pour faire valider le rachat par les autorités de la concurrence.

L’éditeur de presse américain Gannett a officiellement refusé l’offre de rachat de son concurrent MNG, estimant que la proposition n’était « pas crédible », selon un communiqué publié lundi.

Dans son offre, MNG, qui possède plus de 200 journaux aux États-Unis, dont le Denver Post ou le Boston Herald, valorisait le titre Gannett à 12 $, soit une prime de 23 % par rapport au cours de clôture du 11 janvier, avant l’annonce.

MNG avait également annoncé détenir déjà 7,5 % du capital de Gannett.

Dans une lettre adressée lundi à MediaNews Group (MNG), le conseil d’administration explique avoir considéré que l’offre de rachat était « inadéquate et pas dans l’intérêt de Gannett et de ses actionnaires ».

12$
C’est le prix auquel MNG valorise le titre Gannett, soit une prime de 23 % par rapport au cours de clôture du 11 janvier.

Le président du conseil d’administration, Jeffry Louis, cité dans le communiqué, ajoute, comme souvent dans ces cas-là, que Gannett est « positionné de manière unique pour faire croître le groupe et ses actifs de valeur ».

Mais Gannett ne s’est pas contenté de décliner poliment. Les administrateurs ont expliqué publiquement que, selon eux, l’offre n’était « pas crédible ».

Depuis son offre initiale, MNG n’a en effet fourni aucune indication sur la manière dont le groupe de médias entendait financer l’opération et sur sa stratégie pour faire valider le rachat par les autorités de la concurrence.

« Il semble que MNG n’ait pas de plan réaliste d’acquisition de Gannett », a écrit le conseil dans le communiqué publié lundi.

Si l’offre initiale de MNG était amicale, l’éditeur de presse avait mis en question la « capacité (de la direction de Gannett) à gérer de façon efficace une entreprise cotée en Bourse ».

Le groupe de médias avait notamment critiqué la stratégie de Gannett, qui a procédé à de nombreuses acquisitions de sites Internet plutôt que de se consacrer, selon lui, « sur son coeur de métier, les journaux ».

Sans surprise, le titre Gannett s’affichait en net repli, de 4,90 à 10,67 $, vers 10 h (15 h GMT), peu après l’ouverture la Bourse de New York.