Radio - L'UNEQ s'oppose au remaniement de la Chaîne culturelle de Radio-Canada

La transformation de la Chaîne culturelle de la radio de Radio-Canada en une chaîne musicale l'automne prochain suscite des résistances: l'Union des écrivains québécois (UNEQ) dénonce «la disparition des lieux de débats et des lieux consacrés à la littérature».

«Nonobstant le discours officiel, c'est clair que la mission culturelle de cette chaîne disparaît, affirme Bruno Roy, président de l'UNEQ. On assiste à une érosion constante de la place de la culture à la radio, et il y a là une perte de responsabilité de la part de la radio publique.»

Vendredi dernier, le vice-président de la radio française de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, annonçait que la Chaîne culturelle changera de nom à l'automne et deviendra une chaîne musicale consacrée au classique, au jazz, à la chanson française et aux musiques du monde.

Pour compenser la disparition de plusieurs émissions culturelles de la Chaîne culturelle, Radio-Canada annonçait également qu'elle ajoutera 12 heures de contenu culturel à la programmation de la Première Chaîne l'automne prochain. On ne sait pas encore où ces heures seront ajoutées, mais on peut croire qu'elles le seront en bonne partie en fin de soirée puisque Sylvain Lafrance a évoqué l'éventuelle remise en question des rediffusions (Indicatif présent de Marie-France Bazzo est rediffusé le soir).

Radio-Canada a également annoncé qu'elle entendait créer sur la Première Chaîne un «plateau culturel» le dimanche après-midi et un café littéraire hebdomadaire axé sur la création.

Ces promesses suscitent beaucoup de méfiance à l'UNEQ, qui avait dénoncé l'automne dernier le peu de place faite à la littérature à la radio de Radio-Canada. Bruno Roy fait valoir que la mission de la Première Chaîne n'est pas strictement et formellement culturelle, comme l'était la mission de la Chaîne culturelle. De plus, dit-il, «sur la Chaîne culturelle, les émissions littéraires étaient de plus en plus allégées, et les analyses critiques, de plus en plus évacuées».

Avec, entre autres, la disparition d'émissions comme Décrocheurs d'étoiles ou celles de Stéphane Lépine et d'André Major, il y a un certain temps, «on sent que disparaissent les grands débats, tout le secteur de la réflexion et de l'analyse, pour laisser place à de l'information très immédiate, du genre "un tel a procédé à tel lancement"», soutient M. Roy.