La ministre Beauchamp défend le budget minceur de Télé-Québec

La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Line Beauchamp, maintient le cap des compressions à Télé-Québec, malgré la demande du porte-parole de l'opposition en matière culturelle, d'imposer un moratoire sur ces compressions et de réviser le cahier des crédits.

«Le budget de 57 millions octroyé à Télé-Québec est de deux millions de plus que la moyenne des budgets des dix dernières années, a-t-elle souligné hier, lors de la session parlementaire consacrée à l'étude des crédits. «C'est exactement la somme octroyée en début d'année financière il y a 24 mois [sous l'ancien gouvernement], a-t-elle fait remarquer au député péquiste André Boisclair. S'il y a moratoire, ce sera à la lumière des crédits alloués il y a 24 mois.»

La ministre juge qu'avec cette enveloppe, Télé-Québec peut remplir adéquatement ses missions éducatives et culturelles. Elle a évoqué les quelque six millions de dollars investis au cours des derniers mois, notamment pour permettre la numérisation des équipements du réseau, et les 200 000 $ récemment injectés pour développer un portail culturel sur Internet.

Quant à la question de M. Boisclair sur les marges de manoeuvre dont dispose Télé-Québec pour augmenter ses revenus autonomes, Mme Beauchamp en a énuméré quelques-unes, telles l'association de commanditaires de prestige à ses projets de production, la location de ses locaux et de ses équipements, la vente de son expertise et de ses services. Mais il revient au comité de révision dont elle a annoncé la formation la semaine dernière de dégager ces solutions, a-t-elle indiqué.

Mme Beauchamp a également annoncé «la mise en place, au sein du ministère, d'un secrétariat dédié à l'amélioration des conditions de vie des artistes». Cette initiative s'inscrit dans l'esprit des démarches concrètes entreprises depuis quelques mois pour réviser la loi sur le statut de l'artiste et créer un filet de sécurité social pour les créateurs.

Le 16 avril dernier, la ministre rencontrait 16 associations professionnelles pour mieux évaluer les besoins de leurs membres. De là est née une priorité. «Je veux faire en sorte que certaines catégories d'activités artistiques soient protégées par la Commission sur la santé et la sécurité du travail», a déclaré la ministre. Elle a cité en exemple les danseurs qui, lorsqu'ils poursuivent leur entraînement entre deux contrats ne bénéficient pas d'une couverture en cas de blessures. Des pourparlers sont en cours avec la CSST afin que certains lieux de pratique soient reconnus par l'organisme.