Mobilisation contre les violences sexistes en France

Dans une autre tribune, publiée vendredi par «Le Monde», une centaine de syndicalistes, femmes et hommes, indiquent qu’ils participeront à la mobilisation de samedi contre les violences faites aux femmes.
Photo: Zakaria Abdelkafi Agence France-Presse Dans une autre tribune, publiée vendredi par «Le Monde», une centaine de syndicalistes, femmes et hommes, indiquent qu’ils participeront à la mobilisation de samedi contre les violences faites aux femmes.

Plus de 400 femmes journalistes et une centaine de syndicalistes ont signé vendredi des tribunes dans lesquelles ils annoncent se joindre au mouvement #NousToutes, qui manifestera partout en France samedi contre les violences faites aux femmes.

Dans un texte publié par France Info, des journalistes rappellent que depuis l’éclosion du phénomène #MoiAussi il y a un an, « une partie de la presse française s’est mobilisée » avec « de nombreux témoignages, reportages, enquêtes » qui ont « contribué à faire la lumière sur les violences que subissent les femmes au quotidien dans la culture, le sport, les grandes écoles, au bureau ou à l’usine ».

« Il n’est plus possible d’ignorer que les violences contre les femmes ne sont pas des faits divers isolés, des histoires insolites que l’on tourne en dérision dans un titre. Les violences contre les femmes sont systémiques et doivent être traitées comme telles dans nos journaux, sur nos sites d’information et sur nos antennes », écrivent-elles.

Mais le monde des médias n’est pas épargné par ces violences, soulignent les signataires, qui disent avoir « toutes des histoires à raconter », d’autant qu’au sein des rédactions, « le pouvoir est encore très largement majoritairement masculin ».

« C’est un chroniqueur en vue qui s’en prend à une consoeur dans un couloir. Un producteur qui lance des commentaires sexistes à ses collaboratrices. Un reporter qui insiste et insiste encore pour “boire un verre” avec une étudiante en journalisme. Un présentateur qui fait des allusions sexuelles lourdes à une future stagiaire. Un journaliste qui menace une femme refusant ses avances. Ce sont des mains sur les fesses, sur les cuisses, des messages nocturnes inappropriés, des propositions déplacées », énumèrent-elles.

Sans compter que « certaines sources, aussi, profitent de la situation de dépendance qu’elles ont instaurée », insistent les signataires, parmi lesquelles figurent Carine Bécard (grande reporter au service politique de France Inter), Nadia Daam et Aude Lancelin (directrice de la webtélé Le Média).

Elles appellent à se joindre à la manifestation parisienne qui défilera samedi à partir de 14 h, d’Opéra à République.

Dans une autre tribune, publiée vendredi par Le Monde, une centaine de syndicalistes, femmes et hommes, indiquent qu’ils participeront également à la mobilisation de samedi, « partout en France ». « Nous marcherons pour exiger des règles strictes dans les entreprises afin de protéger les femmes de ces violences, et la mise en place de moyens de prévention et de contrôle », écrivent Laurent Berger (CFDT), Philippe Martinez (CGT), Bernadette Groison (FSU), Cécile Gondard (Solidaires) François Hommeril (CFE-CGC) ou encore Philippe Louis (CFTC).

Des milliers de personnes sont attendues dans une cinquantaine de villes en France pour dire « stop » aux violences contre les femmes, à l’appel du collectif citoyen #NousToutes, à la veille de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes.